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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J OFFRE

De lensemble de ces nouvelles, il ressortait la nécessitéde pousser entre Sambre et Meuse la gauche de la 5 e arméequi viendrait ainsi renforcer notre position enveloppantepar rapport à laile droite allemande : celle-ci allait setrouver prise entre larmée belge dont la situation conti-nuait à nous être dépeinte comme assez favorable, la placede Namur et la 5 e armée postée derrière la Meuse en amontde Namur.

Les ordres nécessaires furent lancés dans la soiréedu 15 et la matinée du 16.

Dimanche 16 août. Le 16 à midi, le maréchal French,depuis la veille à Paris , vint me voir accompagné de sonchef détat-major le général Murray. Cétait la premièrefois que je voyais le commandant en chef de larmée bri-tannique. Il avait été reçu la veille par le président Poin-caré, et très favorablement impressionné par latmosphèrede confiance quil avait trouvée dans les sphères officielles.Il me donna tout de suite limpression dun loyal camaradede combat, attaché à ses idées et désireux, tout en nousapportant son concours, de ne pas compromettre sonarmée. Il me fit comprendre que les instructions de songouvernement lui précisaient quil devait se considérercomme indépendant et quil ne pourrait nous apporter quela collaboration de son armée. Je comprenais très bien cepoint de vue ; il était naturel que lAngleterre ne consentîtpas à subordonner ses troupes à un commandant allié.Je ne métais jamais fait dillusions à ce sujet, tout enpressentant que le manque dunité de commandementdans les forces alliées de gauche serait une grave cause defaiblesse. Il fallait prendre les choses comme elles se pré-sentaient et tâcher den tirer le meilleur parti par unecollaboration aussi confiante que possible.

Notre conversation porta ensuite sur la date à laquellelarmée anglaise serait prête à entrer en opérations. Javaiscompté sur le 21 août, mais le maréchal me fit connaîtrequà cette date son armée ne pourrait que pousser en avantde petits détachements qui protégeraient le débarquement