ENTREVUE AVEC LE MARÉCHAL FRENCH 271
du gros, et que ses troupes ne seraient susceptibles des’ébranler que le 24. Je représentai au maréchal tous lesinconvénients de ce retard : il me promit de le réduireautant que possible.
Puis nous abordâmes l’étude de la situation générale del’ennemi telle que nous nous la figurions à ce moment.J’insistai sur le point que nous étions assez mal renseignéssur les forces qui se trouvaient opposées à l’armée belge surla rive nord de la Meuse , mais que, d’après nos derniersrenseignements, il semblait n’y avoir dans cette région quede la cavalerie; les groupements importants de cette armerassemblés dans la région de Hannut semblaient destinésà couvrir sur la rive gauche du fleuve le mouvement decolonnes allemandes signalées antérieurement autour deLiège et qui paraissaient former la masse principale demanœuvre ennemie.
Nous étudiâmes alors la question de la manœuvre àréaliser. J’indiquai au maréchal French que, du côté del’aile nord, l’imprécision sur les forces adverses était telleque je ne pouvais encore définir mes intentions que dansune forme vague : mon idée était d’exécuter une actiongénérale franco-anglo-belge contre le groupe des forcesennemies du nord. A mon avis, le concours que j’attendaisde l’armée britannique devait consister à se porter aussitôtque possible au nord de la Sambre, prête à marcher surNivelles , soit à gauche de la 5 e armée, si on se dirigeaitvers le nord, soit en échelon en arrière de la gauche de cettearmée si on marchait vers l’est. Le corps de cavalerie Sordetcouvrirait le mouvement de l’armée anglaise. Quant àl’armée belge, j’estimais que, tout en couvrant Bruxelleset Anvers, son rôle devait consister à agir sur le flanc ex-térieur des forces allemandes, en les prenant, si possible,à revers.
Sir John French me promit de donner aussi complète-ment que possible satisfaction à mes désirs, et il me dé-clara qu’il allait prendre contact avec le général Lanrezac, dont je louai d’ailleurs les aptitudes manœuvrières. Il mequitta pour aller coucher à Reims.