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1 (1932)
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271
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ENTREVUE AVEC LE MARÉCHAL FRENCH 271

du gros, et que ses troupes ne seraient susceptibles desébranler que le 24. Je représentai au maréchal tous lesinconvénients de ce retard : il me promit de le réduireautant que possible.

Puis nous abordâmes létude de la situation générale delennemi telle que nous nous la figurions à ce moment.Jinsistai sur le point que nous étions assez mal renseignéssur les forces qui se trouvaient opposées à larmée belge surla rive nord de la Meuse , mais que, daprès nos derniersrenseignements, il semblait ny avoir dans cette région quede la cavalerie; les groupements importants de cette armerassemblés dans la région de Hannut semblaient destinésà couvrir sur la rive gauche du fleuve le mouvement decolonnes allemandes signalées antérieurement autour deLiège et qui paraissaient former la masse principale demanœuvre ennemie.

Nous étudiâmes alors la question de la manœuvre àréaliser. Jindiquai au maréchal French que, du côté delaile nord, limprécision sur les forces adverses était telleque je ne pouvais encore définir mes intentions que dansune forme vague : mon idée était dexécuter une actiongénérale franco-anglo-belge contre le groupe des forcesennemies du nord. A mon avis, le concours que jattendaisde larmée britannique devait consister à se porter aussitôtque possible au nord de la Sambre, prête à marcher surNivelles , soit à gauche de la 5 e armée, si on se dirigeaitvers le nord, soit en échelon en arrière de la gauche de cettearmée si on marchait vers lest. Le corps de cavalerie Sordetcouvrirait le mouvement de larmée anglaise. Quant àlarmée belge, jestimais que, tout en couvrant Bruxelleset Anvers, son rôle devait consister à agir sur le flanc ex-térieur des forces allemandes, en les prenant, si possible,à revers.

Sir John French me promit de donner aussi complète-ment que possible satisfaction à mes désirs, et il me dé-clara quil allait prendre contact avec le général Lanrezac, dont je louai dailleurs les aptitudes manœuvrières. Il mequitta pour aller coucher à Reims.