LES BATAILLES DE LA FRONTIERE 273
Nous arrivions à la fin de la période de concentrationet il était temps de décider de notre manœuvre. Mais mapréoccupation dominante, celle qui ne me quittait pasdepuis le début de la guerre, était de n’orienter définiti-vement ma manœuvre que sur des forces ennemies net-tement reconnues et précisées. D’ailleurs, il était nécessaireque notre manœuvre demeurât masquée, afin de nousassurer le bénéfice de la surprise. Or, nos renseignementsétaient encore insuffisants pour nous fixer sur l’ampleurde la manœuvre adverse et les intentions de l’ennemi.A cette date du 18 août, en étudiant la question d’un pointde vue rigoureusement objectif, en éliminant toute ima-gination et en n’utilisant que les renseignements que nousavions à ce moment, il était impossible de prévoir lamanœuvre que l’ennemi préparait.
Nos renseignements nous avaient conduits à concevoirl’ordre de bataille ennemi sous la forme suivante :
Sur la rive gauche de la Meuse , nous ne connaissionsque la présence de 2 divisions de cavalerie opérant entreJodoigne et Hannut .
Sur la rive droite, entre Huy et Liège, sous les ordresdu général von Bülow un groupement de 4 corps (VII e ,IX e , X e et Garde) suivi en deuxième ligne de 3 corpsd’armée de réserve. Cet ensemble paraissait formerla II e armée ; il semblait possible que la I re armée fûtl’échelon groupé autour de Liège et dans la région deVisé ;
Un autre groupement comprenant 4 corps d’armée sem-blait être celui qui avait attaqué sur Dinant et poussé deséléments sur Yvoir et Beauraing ;
Un troisième groupement paraissait se constituer dansla région Neufchâteau-Recogne ; ses éléments avancésn’avaient pas dépassé le front Neufchâteau-Saint-IIubert.La région d’Arlon était assez fortement occupée.
Tel était l’aspect sous lequel nos informations nousdépeignaient les forces ennemies de droite.
L’inconnue était l’ampleur que l’ennemi comptait donnervers le nord au mouvement de cette aile droite ; il y avait
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T. I.