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1 (1932)
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280 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

velle qui me permettait despérer que nos alliés anglais pourraient participer à nos côtés à la première bataille.

Jeudi 20 août. La situation, en ce matin du 20, mesemblait favorable dans son ensemble. En effet, la réuniondes forces franco-anglaises sachevait dans de bonnes con-ditions, avant la prise de contact avec lennemi. Nousétions toujours sans nouvelles de Liège que nous étions,par conséquent, en droit de croire toujours en mesure derésister. Namur allait recevoir lappoint dune de nosdivisions de réserve. La 5 e armée sétait lentement ras-semblée entre la Sambre et la Meuse, prête à réaliser lamanoeuvre projetée, quelle que soit la décision prise. Aucentre la 2 e armée avait occupé Dieuze et poussé desavant-gardes à Morhange et à Delme ; il est vrai que nousnavions pu déboucher de la région des Étangs. Notrel re armée était en contact avec une position organiséequelle se disposait à attaquer au delà de Sarrebourg .Enfin, larmée dAlsace avait, après un combat, réoccupéMulhouse .

Je pus donc donner une note de confiance au ministre,en lui télégraphiant un compte rendu vers 8 h. 45. Cedevait être la dernière bonne nouvelle que jallais pouvoirdonner avant longtemps. En effet, peu de temps aprèslenvoi de ce télégramme, les mauvaises nouvelles allaientse succéder sans trêve au G. Q. G. En ce qui me concerne,cette date est importante dans mon souvenir, car ellemarque le renversement dune situation que jusqualorsnous avions pu, malgré certains incidents, considérer commeavantageuse.

Vers 16 heures, je reçus du général de Castelnau lanouvelle quil était violemment contre-attaqué sur toutson front et quil était obligé denvisager un repli surDonnelay, Marsal et le Grand-Couronné ; il reportait sonQuartier Général sur Nancy . A la fin de la journée, nouveautélégramme : la 2 e armée allait se dérober au cours de lanuit et se reporter sur la ligne indiquée.

De son côté, le général Dubail me faisait savoir que sa