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1 (1932)
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286 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

fit connaître que, dans la journée, aucun incident nétaitsurvenu : « Je suis donc conduit, ajoutait le général deCastelnau, à nenvisager pour demain 22, un mouvementéventuel quà partir dune heure assez tardive. Les ren-seignements davions me fixeront dailleurs à ce sujet. »Ainsi, je pouvais espérer que, contrairement aux craintesde son chef, la 2 e armée pourrait sinstaller sur le Grand-Couronné et la Meurthe de Nancy à Lunéville, en mesurede tenir en respect les forces ennemies qui lavaient bous-culée.

Vers 10 heures du soir, des nouvelles meilleures encoreme parvinrent : « La situation matérielle et morale de la2° armée saméliore, me téléphonait, de Nancy, de Galbert.Larmée tient, ce soir, le Grand-Couronné et la Meurthe de Nancy à Lunéville ; lennemi a peu avancé ; il était,dans la soirée, à 20 kilomètres environ de la Meurthe. Il a subi hier des pertes sérieuses. Tous les convois de la2° armée se sont retirés en très bon ordre. Le 20 e corps sereconstituera rapidement, le 16 e assez rapidement, le 15°plus difficilement. On ne parle plus de se retirer au delàde la Moselle. »

Il nétait donc plus question dune déroute telle que lecompte rendu du général de Castelnau avait pu me le faireredouter. Aussi, à la demande de délégation pour la miseen œuvre des dispositifs de mine sur des ponts de voiesferrées que mavait adressée, dans la soirée, le comman-dant de la 2 8 armée, je fis répondre par un refus, en disantque ces destructions me paraissaient inutiles.

Ainsi provisoirement rassuré sur le sort de notre arméede Lorraine , ayant pris la résolution de ne pas poursuivredaction importante en Haute-Alsace, je pouvais main-tenant porter toute mon attention sur les événements deBelgique se trouvait concentré tout lintérêt de lamanœuvre.

Javais reçu dans la journée la visite du général deMorionville, chef détat-major du roi des Belges. Il mavaitfait connaître en termes assez pessimistes la situation delarmée belge qui jusquici, seule, sans soutien, avait eu