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à supporter le poids de la lutte. Il m’exposa ensuite lesraisons pour lesquelles l’armée belge avait dû se repliersous Anvers , d’où elle pourrait menacer encore le flancdroit des masses ennemies dirigées vers l’ouest. Sur l’im-portance des forces allemandes, je ne pus obtenir de luique des renseignements assez vagues. Je le mis au courantde nos intentions et lui assurai que d’ici fort peu de tempsl’action contre l’adversaire serait menée par tous lesalliés.
Cette démarche venait compléter les renseignements quej’avais reçus du chef de la mission française auprès dugrand quartier général belge , le lieutenant-colonel Alde-bert. Celui-ci avait reçu du lieutenant général de Selliers,chef d’état-major de l’armée belge , une lettre précisantles avantages que l’armée française avait déjà recueillisdu concours de l’armée belge , et les difficultés dans les-quelles celle-ci s’était trouvée en pleine réorganisation,sans l’appui des forces françaises ni des forces britanniques.Il attribuait la décision de la retraite sur Anvers au faitque les troupes n’offraient plus de résistance désirable pouraffronter de nouveaux combats.
Le matin du 21, j’avais appris que des éléments de cava-lerie allemande avaient traversé Bruxelles, dans l’après-midi du 20, se portant sur Ninove et Hal suivis de deuxdivisions d’infanterie venant de Louvain . Plus au sud,les colonnes ennemies avaient repris leur marche versl’ouest. L’investissement de Namur était commencé sur larive gauche de la Meuse .
Dans l’après-midi, on nous signala, de Lille , que lacavalerie allemande semblait approcher de Roubaix , deTourcoing et de Lille , et que l’émotion était grande dansces villes (1).
Si le mouvement de l’aile droite ennemie avait uneampleur que nous n’avions pas soupçonnée, la situation
(1) C’est ce même jour que le général d’Amade me proposa deconfier au général Hermant, commandant l’artillerie de Douai ,le soin d’organiser la défense de Lille . Je répondis vers 14 heures endonnant mon approbation à ce projet.