LES BATAILLES DE LA FRONTIÈRE
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ne me paraissait pas inquiétante pour le moment, car, dedeux choses l’une, ou bien, les colonnes ennemies poursui-vraient leur marche vers l’ouest et viendraient ainsi pré-senter leur flanc à la 5 e armée rassemblée derrière laSambre et appuyée à Namur, ou bien elles se rabattraientsur la Sambre, et la 5 e armée saurait, sans doute, leur imposerune bataille qui durerait assez de temps pour permettreà la manœuvre de la 4° armée de faire sentir son actionau nord de la Semoy. Je pensais que le général Lanrezac, renseigné plus vite que moi, était sur place, en liaison avecles Anglais, qu’il pourrait tirer le meilleur parti des cir-constances et jouer efficacement le rôle qui lui incombait.
Aussi lorsque, dans la soirée du 21, il me fit remarquerque le débouché de son armée, dès le lendemain 22, sur larive gauche de la Sambre, pouvait exposer ses troupes àlivrer bataille isolément, et que, pour pouvoir agir enliaison avec l’armée anglaise, il fallait attendre au 23 etpeut-être au 24, je lui répondis que je le laissais absolu-ment juge du moment où il conviendrait de commencerson mouvement offensif, et que je le tiendrais, chaquejour, au courant du front atteint par la 4 e armée.
Vers 20 heures, un renseignement du grand quartier gé-néral belge nous informait que les corps d’armée allemandsopérant dans la région de Bruxelles semblaient avoir faitdans la journée du 21 une conversion vers le sud, aprèsavoir dépassé Bruxelles . Le 4 e corps, notamment, qui avaitdébouché par la chaussée de Ninove, s’était rabattu sur Hal.A sa droite, le 2° corps, après avoir marché de Vilvorde surAlost , n’avait pas encore atteint cette ville à 20 heures.
Ainsi, il semblait que le mouvement allemand allaitaboutir pour nous à une bataille face au nord, le 22 oule 23, dans laquelle la 5 e armée et les Britanniques seraientcôte à côte et en état de supériorité numérique. En effet,l’importance des effectifs allemands formant l’aile droiteallemande était estimée, y compris les troupes masquantNamur et celles qui étaient restées devant les Belges, à6 corps d’armée, 3 divisions de cavalerie et 2 ou 3 divi-sions de réserve. Or, nous alignions :
T. i.
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