Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
295
Einzelbild herunterladen
 

LES BATAILLES DE LA FRONTIÈRE

295

Ainsi, loffensive de cette armée sur laquelle javaiscompté comme manœuvre principale, se trouvait provi-soirement enrayée, et cette armée allait être obligée de sereporter sur la Meuse et la Chiers. Ce fait était dautantplus regrettable quà la 3 e armée, malgré le recul de la droitederrière la Crusne et la Chiers, le général Ruffey espéraitpouvoir reprendre loffensive le lendemain.

Pendant ce temps-, quadvenait-il des Anglais et de la5° armée?

Durant toute la journée, je restai sans nouvelles. Dansla soirée, je reçus un télégramme du colonel Huguet, mefaisant connaître la situation de larmée anglaise le matinmême : ses têtes de colonnes étaient à Haulchain, Jem-mapes, Saint-Ghislain, la cavalerie à gauche vers Quiévrain. Il mapprenait que le général Lanrezac avait demandéau maréchal French, au cas larmée anglaise ne seraitpas elle-même attaquée, dattaquer en flanc les forces enne-mies qui franchissaient la Sambre. Or, le maréchal avaitpris la résolution de maintenir sa position du 23 au matinpendant vingt-quatre heures ; si, après reconnaissance parlaviation des forces allemandes au nord et au nord-ouestde Mons, ces dernières ne paraissaient pas trop nombreuses,il se porterait en avant face au nord-est, à condition queson flanc gauche ne soit pas menacé.

Peu après, je reçus un compte-rendu de Lanrezac à quijavais demandé de me faire connaître ses intentions : sonarmée avait été attaquée dès 11 heures du matin ; le 3 e corpssétait replié sur Valcourt, lennemi menaçait la droite de la5 e armée sur la Meuse et un détachement allemand avaitréussi à occuper Onhaye. Givet était menacée. Namur étaittombée. En présence de cette situation, et en apprenantléchec de la 4 e armée, Lanrezac avait décidé le repli de sonarmée, dès le lendemain, sur le front Beaumont-Givet .

La bataille générale engagée débutait donc par une sériedéchecs qui mettaient en danger lexécution du plan quenous avions conçu. Cet échec était-il définitif, ou pouvait-onespérer que, se ressaisissant, nos armées pourraient se re-porter en avant?