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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

temps possible, en nous efforçant duser lennemi et dereprendre loffensive le moment venu (1).

Si la manoeuvre initiale avait échoué, il fallait en pré-parer une autre. Malgré la pénible obligation dabandonnerune partie du territoire national, il était indispensabletout dabord de gagner du champ, afin de reconstituer unemasse susceptible de reprendre loffensive.

Entre 8 heures et demie et 9 heures et demie, jenvoyai lesordres préparant cette nouvelle manœuvre :

La 5 e armée, gardant la liaison avec la 4 e et avec les Anglais, manœuvrerait en retraite en sappuyant sur la place de Mau-beuge et le massif boisé des Ardennes.

La 4 e armée se reporterait sur la rive gauche de la Meuse enaval de Mouzon et sur les hauteurs de la rive droite de la Meuse entre Mouzon et Stenay .

La 3 e armée viendrait sur les positions organisées sur le frontgénéral : Montmédy , Damvillers, Azannes, en liaison aveclarmée de Lorraine maintenue sur les Hauts-de-Meuse en atti-tude défensive.

Quant à la 2 e armée, elle ne me donnait pas dinquiétude pourle moment ; la journée du 23 sétait passée pour elle sans combatsérieux; les mouvements prescrits avaient pu saccomplir etle général de Castelnau mavait fait connaître, le matin même, sonintention, si lennemi tentait linvestissement de la partie suddu Grand-Couronné, de lattaquer dans le courant de laprès-midi.

Enfin la l re armée semblait, elle aussi, en bonne situation.La veille, le 21 e corps avait été attaqué et avait maintenu facile-ment ses positions, tandis que les 8° et 13 e corps avaient gagnédes emplacements leur permettant détayer solidement le frontde la l re armée.

Et larmée dAlsace navait plus devant elle que des élémentsde réserve et de landwehr : je considérai que devant la situationde notre aile gauche il était possible de prélever sur cette arméela plus grande partie du 7 e corps (2).

(1) Le ministre de la Guerre, auquel, dans la matinée du 24, javaisfait connaître mon intention de durer afin de pouvoir reprendreloffensive, quand loccasion se présenterait, me répondit par unbillet laconique daté du même jour, 12 h. 30 : « Nous sommesdaccord, durez. »

(2) Létat-major du corps darmée et lune de ses divisions.