PRÉPARATION DE LA RATAILLE DE LA MARNE 331
restriction, participer à la manœuvre et à la bataille quidéciderait du sort du pays ; toute unité soustraite à cettetâche, fût-elle consacrée à la défense de Paris , serait malemployée. Le ministre me représenta la nécessité de dé-fendre la capitale, et de consentir pour cela aux prélève-ments nécessaires.
Je mis M. Millerand au courant de la visite que jecomptais faire le lendemain matin à Marie pour y presser legénéral Lanrezac d’accomplir l’opération que je lui avaisprescrite, et qui me semblait de plus en plus nécessaire.Cette visite me permettrait d’étudier sur place la possibilitéde réaliser la bataille envisagée pour le début de septembre.
M. Millerand, après cette longue conversation, s’entre-tint avec un certain nombre d’officiers de mon État-Major.Il coucha cette nuit-là au grand quartier général et le quittale lendemain matin à 5 heures et demie, au moment où jemontais moi-même en automobile pour me rendre chezLanrezac .
28 août. — Le 28 août, au matin, avant de partir pourMarie, je pris connaissance des renseignements parvenusdans la nuit. Parmi ceux-ci, l’un d’eux retint tout parti-particulièrement mon attention : dans la région de Chimay une reconnaissance aérienne avait signalé, dans l’après-midide la veille, des mouvements de colonnes marchant vers lesud, ainsi que de gros rassemblements dans la région deChimay et de Rocroi. Cette menace, manifestement dirigéecontre la gauche de la 4° armée et contre la fragile soudurequi réunissait cette armée à la 5°, semblait liée à l’actiondes forces ennemies contre lesquelles le général de Langleavait combattu dans la région de Donchory. En raisonde l’importance des forces allemandes signalées, il était àcraindre que ce mouvement ne parvienne à rompre notredispositif. La liaison entre les 4 e et 5° armées avaitbesoin d’être renforcée et il s’agissait de pourvoir à toutévénement de ce côté. Je résolus donc de constituer ungroupement de forces dont la mission serait d’assurer laliaison entre de Langle et Lanrezac.