PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 353
troupes notre échec sur le flanc gauche, » disait le radio.
Mais surtout, la nouvelle la plus importante qui mefut communiquée m’apprenait que des transports de troupesallemandes de l’ouest vers l’est étaient signalés en Belgique ,et avaient été repérés à leur passage à Berlin ; il s’agissaitde trente-deux trains de troupes qui paraissaient évi-demment dirigés vers la Russie .
Ainsi, la réaction de l’offensive russe sur notre frontcommençait à se faire sentir ; la pression que l’ennemiexerçait sur les forces alliées de l’ouest allait se ralentir.
Au reçu de ces nouvelles favorables, il me parut utiled’insister auprès de tous sur la nécessité de ne céder quele terrain strictement indispensable, en résistant pied àpied :
A la 6 e armée, je recommandai de ne céder que sous lapression de l’ennemi, et d’arrêter son mouvement rétro-grade dès qu’elle aurait la certitude de n’être pas accrochéepar des forces supérieures.
A Lanrezac, même recommandation, en même tempsque je lui prescrivis de garder le 18 e corps destiné la veilleà être dirigé vers Paris, et de faire reposer ses troupes.
Enfin, auprès de French, je me fis particulièrementpressant ; je lui exposai que nos 5 e et 6 e armées qui avaientreçu, en raison des renseignements qui venaient de nousparvenir, la mission de ne céder le terrain que sous lapression de l’ennemi, ne pourraient remplir cette tâche qu’àla condition qu’il n’y ait pas de vide entre elles ; je de-mandai donc au commandant en chef des armées britan-niques « de ne replier l’armée anglaise que si nous étionsnous-mêmes obligés de céder du terrain, et tout au moinsde maintenir les arrière-gardes de manière à ne pas donnerà l’ennemi la sensation d’un mouvement de repli accentuéet d’un vide entre nos 5 e et 6 e armées ».
Dans la soirée, je reçus la réponse du maréchal : « Pardéférence au désir que je lui avais exprimé, l’armée an-glaise ne se retirerait le lendemain que sur la ligne Fon-taine-les-Corps-Nuds, Nanteuil-le-Haudouin , Betz, et elley resterait aussi longtemps que les 5 e et 6 e armées occu-
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T. I.