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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

peraient leurs positions actuelles qui étaient lune et lautreà une forte étape en avant de la ligne indiquée par lemaréchal French. » Si ces deux armées françaises battaienten retraite, larmée anglaise suivrait le mouvement : ellene pourra se porter en avant que lorsquelle aura été recons-tituée et réorganisée.

Certes, ce nétait point la réponse que je souhaitais ;ce retrait systématique de la ligne anglaise dune étape enarrière découvrait le flanc gauche de notre 5 e armée. Or,un radio allemand capté dans la matinée nous avait faitconnaître quun corps de cavalerie allemand avait réussià franchir lOise au pont de Bailly laissé intact par ledétachement anglais chargé de le détruire. Cette masse decavalerie était signalée marchant vers Soissons, cest-à-dire, sur les derrières de la 5 e armée, et elle paraissait suiviepar deux corps darmée. Nous avions demandé aux Anglais dintervenir contre cette manoeuvre qui risquait de trans-former en désastre le repli de la 5 e armée, en lui coupantses communications. On a vu quelle fin de non-recevoirmavait opposé le maréchal dans la soirée. Aussi fus-jefort inquiet sur le sort de Lanrezac jusquau momentjappris que, grâce aux précautions prises par lui, la cava-lerie allemande était maintenue en dehors de la zone demarche de nos colonnes.

Pendant que jétais ainsi préoccupé de la situation dela 5 e armée, je fus amené à prendre une décision importanteconcernant nos forces du centre. On se rappelle que, laveille, javais autorisé sur place le général de Langle à at-taquer lennemi dans la journée du 31. Son action devaitse combiner avec une offensive de la 3 e armée et du dé-tachement Foch, à cheval sur lAisne . Or, tandis que la4 e armée se déclarait prête à recommencer son attaquele lendemain, le général Foch dont javais sollicité lopi-nion personnelle me faisait connaître que, fortement pressé,il aurait du mal à tenir en face de lennemi qui lui étaitopposé, en raison de la nature du champ de bataille deChampagne sans point dappui sérieux, de la fatigue deses troupes et de la faible densité de lartillerie du 9 e corps.