PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 357
je ne désespérais pas de les voir participer à la manœuvrequi commençait à apparaître à mon esprit.
La direction prise par les colonnes ennemies de l’extrêmedroite semblait les éloigner un peu de Paris : il était doncpossible d’envisager une combinaison des manœuvres ducorps principal de l’armée avec celles des troupes chargéesde la défense de la capitale, et l’éventualité de tirer partidu camp retranché au profit de la manœuvre.
En tout cas, si, comme semblait le faire croire le change-ment de direction des colonnes ennemies, les Allemandsévitaient Paris , il fallait que la place et la garnison dedéfense de la capitale fussent mises directement sous mesordres. C’est pourquoi je demandai au ministre de medonner autorité sur la place de Paris , afin « de pouvoir,le cas échéant, associer la garnison mobile aux opérationsde campagne (1). »
En rassemblant la totalité des renseignements quiétaient parvenus à notre connaissance, l’ensemble desarmées allemandes nous paraissait, ce matin du 1 er sep-tembre, occuper la situation suivante :
La I re armée, sous les ordres du général von Kluck, composéede 4 corps actifs et 1 corps de réserve, dépassait vers le sud larégion de Compiègne ;
La II e armée, commandée par le général von Bülow, forte de3 corps d’armée actifs et 2 de réserve, avait atteint la régionde Laon ;
La III e armée, aux ordres du général von Hausen, compre-nant 2 corps actifs et 1 de réserve, avait franchi l’Aisne entreChâteau-Porcien et Attigny ;
Les IV e et V e armées commandées respectivement par le ducde Wurtemberg et le kronprinz impérial, comptant ensemble6 corps d’armée actifs et 4 de réserve, étaient en contact avecnos armées entre Verdun et Vouziers ;
Enfin, des environs de Nancy jusqu’aux avancées de Belfort ,les VI e et VII e armées, fortes de 6 corps d’armée actifs ren-forcés de nombreuses formations de réserve et d’ersatz, étaient
(1) Télégramme n° 3168 du 1 er septembre 9 h. 5 au ministre dela Guerre.