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1 (1932)
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358 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

retranchées devant notre droite, sous les ordres du kronprinzRupprecht de Bavière et du général von Hœrigen (1).

En face du large mouvement ennemi contre notregauche, il paraissait évident que nous ne pouvions accepterimmédiatement la bataille. Lengagement dune de nosarmées entraînerait fatalement celui de toutes nos forces.La 5° armée se trouverait fixée dans une situation que lamarche de la I re armée allemande, facilitée par lincursiondu corps de cavalerie ennemi, rendait des plus périlleuses.Le moindre échec courrait le risque de se transformer enune défaite irrémédiable. De plus, nos troupes, qui avaientconstamment combattu et marché, étaient fatiguées etavaient besoin de combler les vides creusés dans leursrangs.

Comme je lai déjà dit, notre position dans la coalitionnous faisait un devoir de durer, en retenant devant nousle maximum de forces allemandes, duser lennemi par desoffensives prises dans toutes les occasions favorables, etdéviter tout engagement décisif tant que nous naurionspas dans notre jeu les plus grandes chances de succès.

Cest de cette manière que se présentait à moi la situa-tion générale, le 1 er septembre vers 9 h. 30, quand jequittai Vitry-Ie-François pour Bar-sur-Aube, javaisdécidé de transporter mon quartier général.

Jarrivai à Bar vers 11 heures du matin, et pendantque le Grand Quartier sinstallait à lécole des garçons,jétudiai avec mes collaborateurs les diverses solutionsque la situation semblait comporter. Les avis étaientdailleurs très partagés. Berthelot proposait de trans-porter à notre gauche trois corps darmée ; il fut facilede lui démontrer que cette solution exigerait un temps troplong, et que la situation était trop pressante pour per-mettre denvisager une pareille manœuvre. Après mûreréflexion, je conclus que la solution la plus avantageuse

(1) Ordre de bataille allemand dressé à la date du 31 août au soirpar le 2 e bureau du G. Q. G.