dans l’état présent de nos affaires consistait à prendreen arrière le champ nécessaire pour éviter un accrochagegénéral dans des conditions défectueuses. C’était, ensomme, la conception que j’avais admise dès le 30, etfait rédiger en un mémoire par le colonel Pont : l’ensemblede notre dispositif devait pivoter autour de sa droitedevant le mouvement débordant effectué par l’ennemicontre l’aile gauche. De cette manière, la 5 e armée et l’arméebritannique pourraient échapper à la menace d’envelop-pement, et lorsque ce premier point serait acquis, l’en-semble des 3 e , 4 e et 5 e armées reprendrait l’offensive.
Pour que ce mouvement fût possible, il était nécessaireque la 3 e armée, qui devait servir de pivot, fût solide.Aussi, le chef du 3 e Bureau, le colonel Pont, insistait-il pourque cette armée, affaiblie déjà par l’envoi d’un corpsd’armée vers Paris , fût renforcée. J’envisageais que lesdivisions de réserve de cette armée, qui tenaient actuelle-ment les Hauts-de-Meuse, pourraient abandonner, le mo-ment venu, cette position, pour participer à l’offensivegénérale ; en outre, je me proposais de faire sur les l re et2 e armées des prélèvements jusqu’à l’extrême limite de lasécurité ; à notre aile droite, en effet, l’ennemi ne témoi-gnait plus aucune activité, et notre situation s’y étaitparticulièrement améliorée.
Dans l’établissement de ce plan, j’étais amené à envisagerune limite au mouvement de recul prescrit d’ailleurs sansque, dans ma pensée, cette limite dût forcément êtreatteinte ; il fallait, en effet, être prêt à exploiter touteoccasion favorable qui viendrait à se présenter. A cettedate du 1 er septembre, comme il me semblait nécessairede gagner un champ suffisamment grand, et de prendrecomme base de départ pour l’offensive future une lignesolide, je fixai cette limite à l’Aube et à la Seine . Il mesemblait qu’il serait possible de réaliser ainsi un dispositifpermettant la coopération à notre gauche de l’arméeanglaise et des forces mobiles du camp retranché de Paris.En créant une sorte de poche jalonnée par Verdun , Bar-le-Duc, Arcis-sur-Aube, Nogent-sur-Seine et le camp