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1 (1932)
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359
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 359

dans létat présent de nos affaires consistait à prendreen arrière le champ nécessaire pour éviter un accrochagegénéral dans des conditions défectueuses. Cétait, ensomme, la conception que javais admise dès le 30, etfait rédiger en un mémoire par le colonel Pont : lensemblede notre dispositif devait pivoter autour de sa droitedevant le mouvement débordant effectué par lennemicontre laile gauche. De cette manière, la 5 e armée et larméebritannique pourraient échapper à la menace denvelop-pement, et lorsque ce premier point serait acquis, len-semble des 3 e , 4 e et 5 e armées reprendrait loffensive.

Pour que ce mouvement fût possible, il était nécessaireque la 3 e armée, qui devait servir de pivot, fût solide.Aussi, le chef du 3 e Bureau, le colonel Pont, insistait-il pourque cette armée, affaiblie déjà par lenvoi dun corpsdarmée vers Paris , fût renforcée. Jenvisageais que lesdivisions de réserve de cette armée, qui tenaient actuelle-ment les Hauts-de-Meuse, pourraient abandonner, le mo-ment venu, cette position, pour participer à loffensivegénérale ; en outre, je me proposais de faire sur les l re et2 e armées des prélèvements jusquà lextrême limite de lasécurité ; à notre aile droite, en effet, lennemi ne témoi-gnait plus aucune activité, et notre situation sy étaitparticulièrement améliorée.

Dans létablissement de ce plan, jétais amené à envisagerune limite au mouvement de recul prescrit dailleurs sansque, dans ma pensée, cette limite dût forcément êtreatteinte ; il fallait, en effet, être prêt à exploiter touteoccasion favorable qui viendrait à se présenter. A cettedate du 1 er septembre, comme il me semblait nécessairede gagner un champ suffisamment grand, et de prendrecomme base de départ pour loffensive future une lignesolide, je fixai cette limite à lAube et à la Seine . Il mesemblait quil serait possible de réaliser ainsi un dispositifpermettant la coopération à notre gauche de larméeanglaise et des forces mobiles du camp retranché de Paris.En créant une sorte de poche jalonnée par Verdun , Bar-le-Duc, Arcis-sur-Aube, Nogent-sur-Seine et le camp