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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

question des conditions de la concentration en vue dela bataille qui me parut devoir être invoquée pour re-pousser la suggestion du maréchal Frencli, afin, dunepart, de ménager sa susceptibilité, et, dautre part, dene pas dévoiler encore la forme définitive que je comptaisdonner à la manœuvre.

Il est à remarquer, du reste, que la rivière de la Marne na joué quun rôle épisodique dans la bataille. Le nomde « Victoire de la Marne » a été donné après coup parle haut commandement français, parce que laction sestdéroulée dune façon générale dans la vallée de la Marneet de ses affluents (Ourcq, les deux Morin, Ornain) etque cela parut le meilleur moyen de synthétiser le théâtrede la bataille.

Après réflexion, je conclus que les propositions du ma-réchal French ne pouvaient me conduire à modifier lesordres déjà donnés, qui visaient à placer nos troupes dansun dispositif leur permettant de prendre loffensive à brefdélai. Je continuais à penser que, sauf événements favo-rables, la position darrêt devrait se trouver sur la Seine et lAube, d nos forces repartiraient en avant. Si lesAnglais étaient disposés à une coopération efficace, ceserait dans la défense de Paris que nos alliés joueraientle rôle le plus utile, sur le front de la Seine entre Melun et Juvisy .

Dés le matin du 2 septembre, je répondis dans ce sensau ministre de la Guerre et au maréchal French.

Du reste, la question de la défense de la capitale nétaitpas sans me préoccuper grandement. A midi, en effet,Galliéni avait eu une longue conversation téléphoniqueavec le général Pellé, dans laquelle il attirait mon attentionsur le fait que le camp retranché de Paris était hors détatde se défendre lui-même : « Si le général Maunoury nepeut pas tenir, nous sommes hors détat de résister, »disait-il textuellement, et il concluait à la nécessité pour

l re et 2° armées pour former le corps de cavalerie entre les arméesLanrezac et French.