les armées de campagne de le secourir pour la défensedes fronts nord et est. Cette situation ne m’avait paséchappé, et le 1 er . septembre au matin, quelques heuresavant la conversation téléphonique que je viens de re-later, j’avais fait connaître au ministre de la Guerre qu’ilme paraissait nécessaire que le gouvernement s’éloignâtsans délai.
C’est pourquoi, également, le 2 septembre au matin,je fis dire au général Galliéni qu’il était indispensableque la répartition des forces sur les emplacements dedéfense fût réalisée le plus tôt possible, l’important étantd’être à Paris avant l’ennemi. Aussi étais-je pressé devoir la 6 e armée ne pas s’attarder dans son mouvementde repli. Ce mouvement se liait, d’ailleurs, à celui quej’avais prescrit aux 3° et 4° armées et qui s’exécutaitsans être gêné par l’ennemi. J’avais bien recommandéaux commandants d’armée de bien faire préciser à tousles échelons qu’il ne s’agissait pas ici d’une retraite forcée,mais d’un mouvement préparant les opérations ultérieures.
La nuit du 1 er au 2 septembre nous apporta la confir-mation de mouvements de troupes allemandes à desti-nation de la Russie : les éléments du VII e corps, du IX e corpset du III e corps s’étaient embarqués en Belgique à des-tination du front oriental.
D’autre part, alors que la veille la I r0 armée allemandeparaissait vouloir éviter Paris , les renseignements qui nousparvinrent dans la matinée du 2 septembre semblaientindiquer que l’armée von Kluck se dirigeait vers la ca-pitale. Je ne pouvais me faire d’illusions sur le sort decette ville, si l’ennemi l’attaquait.
Enfin les retraits de forces auxquels celui-ci procé-dait devant nous au profit du front oriental, me sem-blaient constituer des circonstances favorables, que je medemandais anxieusement s’il n’y aurait pas lieu d’exploiterpar une reprise très prompte de l’offensive. La questionse posait de savoir s’il y avait lieu de prolonger notreretraite jusqu’à la limite que j’avais indiquée la veille