PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 369
3 septembre. — Le 3 septembre au matin, la situationde notre gauche paraissait moins défavorable qu’on auraitpu le craindre. La 6° armée avait pu se retirer sans êtresérieusement inquiétée. Les Anglais s’étaient établis surle front Dammartin-Saint-Soupplets-Ëtrépilly, sans êtredaAmntage pressés ; on pouvait espérer d’après l’avis deGalliéni qu’ils ne franchiraient pas la Marne.
Un point restait encore obscur pour nous : le 1 er sep-tembre, la I re armée allemande marchant vers le sudsud-est avait atteint par son corps de droite Saint-Just-en-Chaussée, et par ses autres corps, le front Verberie -Vivières et la région de l’ouest de Soissons . Mais le 2,certains corps de von Kluck avaient de nouveau paruse diriger vers le sud-ouest. Qu’en fallait-il conclure? Ouiou non, Paris serait-il attaqué? D’autre part, nous étionssans renseignement de la II e armée allemande.
Ces hésitations dans la marche de l’adversaire, sonmanque de mordant dans la poursuite, la persistance desinformations sur les transports de troupes ennemies de l’ouestvers l’est s’imposaient avec force à mon esprit et semblaientdéterminer une circonstance favorable à la reprise del’offensive générale qui demeurait ma préoccupation do-minante. Malgré la décision que j’avais prise la veille,je voulus savoir dans quel état moral et physique setrouvaient les troupes de Foch qui auraient évidemmentà jouer un rôle important dans l’offensive générale. Jedécidai donc de le consulter.
En même temps, et toujours en prévision de ce retouroffensif qui exigerait de tous, commandement et troupes,le maximum de volonté et de ténacité, je passais menta-lement la revue de tous les grands chefs qui seraientappelés à y participer. La veille, j’avais signalé dans unordre général que le salut du pays dépendait de cetteoffensive, et que tous devaient tendre leur énergie envue de la victoire finale. Au cours des journées précédentes,au fur et à mesure que m’étaient parvenus les renseigne-ments que j’avais demandés, j’avais remplacé un assezgrand nombre de généraux, qui s’étaient révélés inférieurs
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T. I.