374
MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
vous permettre, le cas échéant, d’associer la garnisonmobile de la place aux opérations des armées en campagne,sans que cette garnison puisse être éloignée de la place àune distance trop grande pour en compromettre la sécurité.
« J’ai l’honneur de vous demander, en conséquence, devouloir bien me donner des instructions sur le rôle quevous entendez assigner au camp retranché de Paris et àl’armée de Paris dans l’ensemble des opérations. A cesujet, permettez-moi de vous rappeler que la garnisonde Paris comprend une proportion considérable de troupesterritoriales dont la valeur manœuvrière est très faible, etqui ne sont que très imparfaitement outillées commetroupes de campagne. Elles n’ont ni train de combat,ni train régimentaire, et je m’emploie à leur constituerdes embryons de ces trains. D’autre part, ces troupessont faiblement pourvues en artillerie et munitions. Ellesn’ont ni parcs, ni convois, ni ambulances.
« Sauf ordre contraire de votre part, je m’efforcerai detenir dans Paris le plus longtemps possible. Mais, en raisonde la faiblesse de la défense, particulièrement du côténord-est, nous sommes exposés, j’insiste sur ce point,à voir ce front forcé, si vous n’intervenez pas, le momentvoulu, par une diversion. »
« Galliéni. »
A cette lettre était jointe une autre, manuscrite :
GOUVERNEMENT MILITAIREDE PARIS
Le gouverneur Paris, 3 septembre 1914.
Le général Galliéni, gouverneur militaire de Paris et commandant en chef des armées de Paris au général Joffre.
« Mon cher Joffre,
« Je viens de recevoir du ministre la lettre me plaçantsous vos ordres. Mon concours complet vous est acquis.J’insiste seulement sur la situation du camp retranché :