A cette première lettre, j’en joignais une autre manus-crite, ainsi conçue :
a Au G. Q. G., le 4 septembre 1914.
« Mon cher camarade,
« Je vous envoie dans une lettre officielle les instruc-tions relatives à l’action militaire des forces sous vosordres. Vous recevrez, en même temps, copie d’une lettreque j’adresse au maréchal French, qui vous éclairera surle même sujet (1).
« Dès maintenant, une partie des forces actives dugénéral Maunoury peut être poussée vers l’est commemenace de la droite allemande, afin que la gaucheanglaise se sente appuyée de ce côté.
« Il serait utile de le faire savoir au maréchal Frenchet d’entretenir de fréquentes relations avec lui.
« J’ai mis à votre disposition le général Lanrezac quicommandait la 5 e armée. Ses hésitations et son manquede décision étaient un danger pour cette armée. Il nefaut pas laisser libre carrière à son pessimisme qui luifait voir tous les risques d’une opération et qui paralysechez lui toute initiative. C’est un esprit remarquablementclair qui discute admirablement toutes les questions mili-taires, mais qui, dans l’action, ne tire pas de ses discus-sions les conclusions nécessaires. C’est un remarquableprofesseur qui ne donne pas en temps de guerre les espé-rances qu’on avait fondées sur lui.
« Je le mets à votre disposition, vous en ferez ce quevous voudrez.
« Votre fidèlement et cordialement dévoué.
« J. Joffre. »