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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Cette dernière lettre, écrite dans les dernières heuresdu 3 septembre, demande quelques explications.

On se rappelle que le matin du 3, nous nétions pas fixéssur le sens général de la marche de la I re armée allemande,car, la veille, il avait paru que certains corps de von Kluck se dirigeaient à nouveau vers Paris.

Or, dans la soirée du 3, divers renseignements tous con-cordants révélaient que la I re armée allemande tout entièresorientait vers le sud-est. Vers 19 heures, du Raincy, Maunoury téléphonait que les forces allemandes qui luiétaient opposées paraissaient avoir marché dans la journéedu 3 vers le sud-est, en direction de la Marne, les reconnais-sances faites à la fin de la journée navaient signalé aucunetroupe à louest de la grande route Louvres, Senlis, Verberie. A 21 heures, le gouvernement militaire de Paris nous avisaitque des reconnaissances davions avaient reconnu la marchedune colonne de 15 à 16 kilomètres de longueur passantpar Ëtrépilly et orientée vers le sud-est. Vers la mêmeheure, le colonel Huguet téléphonait ce qui suit : « Desrenseignements très sûrs et tous concordants daviateursanglais, il semble que toute la I re armée allemande sauf leIV e corps de réserve (cest-à-dire : II e , III e , IV e corpsdarmée et XVIII e division) se porte vers le sud-est pourtraverser la Marne entre Château-Thierry et la Ferté-sous-Jouarre, pour attaquer la gauche de la 5 e armée. Sestêtes de colonne arriveront sans doute ce soir sur la ri-vière. » Peu de temps après, nous parvenait un télégrammede Huguet confirmant que laviation anglaise avait reconnuque la marche de la I re armée allemande vers le sud sorien-tait maintenant vers le sud-est. « A 17 heures, ajoutait-il,il semble ne plus rester aucune force devant le front delarmée anglaise, et que toute la I re armée allemande vatraverser la Marne entre la Ferté-sous-Jouarre et Château-Thierry pour attaquer la gauche de la 5 e armée. » Enfin, vers22 heures, un nouveau message téléphoné par le chef denotre mission auprès de larmée britannique disait quilétait possible que le maréchal French, dont les troupesrecevaient leurs premiers renforts, se mette en marche