PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 379
le 4 au soir dans la direction de l’est, « surtout si la 6 e armée,qui paraissait n’avoir personne devant elle, entamait, danscette même journée, un mouvement analogue qui la por-terait à sa gauche. »
On conçoit qu’en présence de renseignements aussi nets,aussi affirmatifs, en présence de cette menace d’envelop-pement de notre 5 e armée, il ne pouvait être question delaisser les forces de Maunoury sous le canon de Paris. Ilétait tout indiqué, au contraire, puisque les Anglais pa-raissaient disposés à participer à cette manœuvre, d’orientervers l’est toutes les forces actives et de réserve du campretranché.
Telles avaient été les considérations qui m’avaient con-duit à envoyer à Galliéni les instructions qu’on vient delire.
4 septembre. — La journée du 4 septembre allait ouvrirune crise décisive dans la situation stratégique. En effet,le changement de direction des colonnes ennemies semblaitse confirmer et s’accentuer. D’autre part, le maréchalFrench m’avait fait connaître qu’il avait reçu l’Instructiongénérale n° 4 et la note du 2 septembre pour les comman-dants d’armée, et, point capital, ajoutait qu’il comprenaitentièrement mes projets et la part que je désirais voirprendre à l’armée britannique dans leur exécution.
Ainsi donc, un changement heureux venait de se pro-duire dans l’attitude du commandant en chef anglais . Lasituation aventurée de l’ennemi retenant toute mon atten-tion, j’écrivis au maréchal French le 4 septembre vers8 heures du matin pour profiter de ses nouvelles disposi-tions :
« Au cas où les armées allemandes poursuivraient leurmouvement vers le sud-sud-est, s’éloignant ainsi de laSeine et de Paris , peut-être estimeriez-vous comme moique votre action pourrait s’exercer plus efficacement surla rive droite de ce fleuve, entre Marne et Seine ; votregauche appuyée à la Marne , étayée par le camp retranchéde Paris, serait couverte par la garnison mobile de la capi-