380 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
taie qui se portera à l’attaque dans la direction de l’estpar la rive gauche de la Marne. »
Puis, je me rendis dans le bureau du chef du 3° Bureau,lieutenant-colonel Pont, et j’y trouvai rassemblé tout ungroupe des officiers de ce bureau, qui discutaient chaude-ment devant la grande carte sur laquelle on avait portéla situation de nos troupes et celle de l’ennemi, cette der-nière d’après les derniers renseignements reçus : il y avaitlà le commandant de Partouneaux, le commandant Bel,le commandant Alexandre, le lieutenant-colonel Mangin,agent de liaison du Gouvernement Militaire de Paris .
La situation était saisissante :
Nos troupes s’étendaient le long de la ligne de Verdun-Sainte-Menehould, et sur la Marne qu’elles franchissaiententre Ëpernay et Château-Thierry , pour gagner la lignegénérale Montmort , la Ferté-Gaucher. L’armée anglaiseétait au sud de la Marne de la Ferté-sous-Jouarre à Lagny.La 6° armée se fortifiait sur le front Mareil-en-France ,Dammartin , Montgé. Ainsi, notre front formait un vastearc de cercle enveloppant par rapport à l’ennemi. Celui-ci,orienté vers le sud sud-est, atteignait la Marne entreChâteau-Thierry et la Ferté-sous-Jouarre.
Tandis que notre 5 e armée, échappant à la manoeuvred’enveloppement dirigée contre sa gauche, allait être enmesure d’aborder de front les colonnes ennemies franchis-sant la Marne en amont de la Ferté-sous-Jouarre, l’arméeanglaise et les forces mobiles de Paris étaient en bonneposture pour attaquer en flanc les troupes allemandes quivenaient de contourner Paris.
Il semblait donc que le dispositif recherché par l’Ins-truction générale n° 4 du l or septembre était sur le pointde se réaliser et qu’il n’était pas nécessaire de prolonger laretraite jusqu’aux positions fixées à cette même datecomme limite.
Désirant en discuter avec le général Berthelot, je merendis dans son bureau, qui était contigu au bureau desopérations. A ma grande surprise, je trouvai l’aide-majorgénéral dans des dispositions d’esprit assez différentes de