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1 (1932)
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381
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 381

celles auxquelles je mattendais : à son avis, il était pré-férable « de laisser les Allemands senfoncer encore dansla nasse » ; la 6 e armée, ajoutait-il, nétait pas encore com-plète par suite du retard qui sétait produit dans letransport dune division du 4° corps darmée ; loffensiveprincipale, Berthelot la voyait partir de la région dArcis-sur-Aube avec la droite de la 5° armée et la 9 e armée toutentière, sétendant ensuite en direction du nord-ouest entrela Seine et la Marne, tandis que larmée britannique aidéeà sa gauche par Maunoury prendrait loffensive au sud dela Marne, son aile gauche appuyée à cette rivière.

Cette conception si différente de celle qui sétait pré-sentée tout dabord à mon esprit était surtout basée sur lasituation difficile de la 5 e armée qui lui interdisait, pensaitBerthelot, de faire brusquement demi-tour en rase cam-pagne pour reprendre loffensive ; il lui paraissait préférablede replier cette armée sur un front solide, en lespèce la têtede pont de Nangis que le commandant Maurin était en trainde reconnaître.

Les inconvénients de la solution envisagée par le généralBerthelot ne manquèrent pas de mapparaître : attendrequelques jours encore, cétait risquer de ne pas profiterde loccasion qui soffrait à nous et de voir les Allemandsflairer le danger et manœuvrer pour léviter. Qui pouvait,en effet, assurer que nos ennemis continueraient à négligerParis ? Lidée dune action immédiate concentrique sur lailedroite allemande se renforça dans mon esprit au cours decette discussion.

Elle durait encore, quand vers 10 heures, je fus aviséque le chef détat-major de Galliéni, le général Clergerie,venait de téléphoner à Pellé pour lui signaler le glissementde toute la ï re armée allemande vers le sud-est : estimantque ce mouvement était dangereux pour la 5 e armée,Galliéni proposait de pousser vers lest larmée Maunouryrenforcée de tous les éléments disponibles du camp re-tranché ; « dans ces conditions, ajoutait-il, il serait néces-saire que larmée anglaise glisse sur Montereau ».

Cette proposition me prouvait que Galliéni avait reçu