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1 (1932)
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LA BATAILLE DE LA MARNE

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lever dautres si la situation lexigeait. Encore fallait-il queje fusse assuré que leur capacité de résistance nen seraitpas compromise, sans quoi lennemi eût repris linitiativedes opérations que nous venions de lui enlever.

Jai dit au début de ce chapitre que, dans la soirée du5 septembre, le général de Castelnau avait manifesté sonintention dabandonner le Grand-Couronné et Nancy ,au cas il ne pourrait tenir sur ses positions sans com-promettre lavenir. Le 6, à 13 h. 10, je lui adressai un té-légramme pour lui faire connaître que, tout en approuvantses intentions pour le cas il serait obligé dabandonnerle Grand-Couronné, j'estimais préférable quil se maintînt surses positions actuelles jusquà lissue de la bataille quivenait de sengager.

De fait, le commandant de la 2 e armée parvint ce jour-à enrayer les attaques ennemies, et il put même reprendreloffensive. Mais le 7, la situation sur son front saggravade nouveau. Le général de Castelnau très affecté par lamort de lun de ses fils, et apprenant que le bataillon chargéde défendre la butte Sainte-Geneviève avait évacué cetteposition, donna à son chef détat-major, le général Antboine,des instructions pour la retraite, et il se disposa à enjoindreaux autorités civiles de Nancy davoir à évacuer la ville.

Cette décision était grave. Nous navions pas besoin, enun pareil moment, que lennemi pût claironner son entrée àNancy. Du point de vue stratégique, la retraite de la 2 e arméeallait mettre la l re dans lalternative suivante :

Ou bien elle suivrait la 2 e dans son recul en se liant àelle, et alors cétait labandon de la Franche-Comté etlenveloppement probable de laile droite des armées fran-çaises ; ou bien elle résisterait en sappuyant aux places deBelfort et dËpinal ; mais alors cétait la rupture de nosdeux armées daile droite avec la perspective de voirlarmée Dubail se faire acculer à bref délai à la frontièresuisse.

Fort heureusement, avant dexpédier ces ordres dontil mesurait toute la gravité, le général Anthoine téléphonaau grand quartier général pour annoncer la décision qui