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1 (1932)
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410 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

gardes ennemies, atteignait le Petit-Morin, et son corps degauche (18 e ) arrivait à Marchais-en-Brie.

Entre Maunoury et Franchet dEsperey , larmée bri-tannique navançait pas aussi vite que je leusse souhaité.Certes, les résultats acquis étaient déjà appréciables. Le 7,javais exprimé à lord Kitchener, par lintermédiaire duministre de la Guerre, mes chaleureux remerciements pourlappui constant donné à nos armées par les forces britan-niques, et javais envoyé à French une lettre personnellepour lui marquer ma gratitude. French mavait répondule jour même en me remerciant de mon message : la situa-tion lui apparaissait maintenant sous un jour favorable, etil me félicitait de « lheureuse combinaison » que je venaisde réaliser. Il nen restait pas moins que jétais impatientde voir larmée britannique accentuer son avance. A troisreprises, dans la journée du 8 septembre, je signalai aucommandant en chef anglais limportance que jattachaisà son offensive ; jinsistai sur la nécessité de marcher au plusvite pour soulager la 6 e armée qui portait maintenant toutle poids de la I re armée allemande, et jexprimai lespoir devoir les Anglais en fin de journée déboucher au nord de laMarne.

Mais le maréchal me fit connaître quil était arrêté pardes arrière-gardes sur le Petit-Morin, et le soir il prit piedseulement sur les hauteurs au nord de cette rivière.

Le 8 au soir, la situation mapparaissait dans lensemblecomme très favorable, bien différente de celle que, quelquesjours auparavant, javais compté réaliser.

Des Vosges à la Meuse, toutes les attaques allemandesétaient maîtrisées, malgré les prélèvements nombreux quejavais faits sur les l re et 2 e armées.

Le combat de front des 4 e et 9 e armées me donnait main-tenant lespoir que lennemi narriverait point à disloquernotre centre. La droite de larmée de Langle était mainte-nant étayée par le 15 e corps qui venait dentrer en ligne à lagauche de Sarrail. Il est vrai que la droite de Foch avaitencore cédé du terrain, et cela ne manquait pas de min-quiéter, car de Langle nétait pas encore en mesure de lui