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porter un secours efficace. Mais le haut moral et l’inébran-lable confiance du commandant de la 9 e armée me garantis-saient que le fléchissement de sa ligne n’était qu’un acci-dent local dont la répercussion ne se ferait pas sentir surl’ensemble des opérations.
Il est juste de rendre ici hommage aux exceptionnelsmérites du général Foch au cours de cette bataille danslaquelle il donna sa pleine mesure. Admirablement se-condé par son chef d’état-major le colonel Weygand, àaucun moment son activité ne se ralentit ni son moral nefaiblit.
Enfin, à notre aile gauche, la manœuvre que nousavions conçue changeait entièrement de caractère. Le gé-néral Maunoury avait dû renoncer à envelopper son éner-gique adversaire. Mais celui-ci n’avait réussi à parer notremanœuvre contre sa droite qu’en ouvrant entre sa gaucheet l’armée Bülow une brèche dans laquelle pénétrait commeun coin la gauche de Franchet d’Esperey, et dans laquelleje m’efforçais de précipiter l’armée britannique. Renseignépar les reconnaissances aériennes et par les identificationsdu combat, je sentis toutes les possibilités d’action quecette situation nouvelle m’ouvrait. C’est dans le but d’orien-ter les trois armées de gauche sur la manœuvre à réaliserque je leur adressai à 19 heures une Instruction parti-culière (1) dont voici les passages essentiels :
« Devant les efforts combinés des armées alliées d’ailegauche, les forces allemandes se sont repliées en consti-tuant deux groupements distincts :
« L’un, qui paraît comprendre le IV e corps de réserve,le II e et le IV e corps actifs, combat sur l’Ourcq face àl’ouest contre notre 6° armée qu’il Cherche même à dé-border par le nord ;
« L’autre, comprenant le reste de la I re armée allemande(III e et IX e corps actifs) et les II e et III e armées allemandes,reste opposé face aux 5 e et 9 e armées françaises.
« Le réunion entre ces deuxgroupements paraît assurée
(1) Instruction particulière n° 19.