412 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
seulement par plusieurs divisions de cavalerie soutenuespar des détachements de toute armée en face des troupesbritanniques.
« Il paraît essentiel de mettre hors de cause l’extrêmedroite allemande avant qu’elle ne puisse être renforcéepar d’autres éléments que la chute de Maubeuge a purendre disponibles. »
En conséquence, je demandais :
A la 6 e armée de maintenir devant elle les forces en-nemies ;
A l’armée anglaise de franchir la Marne entre Nogent-l’Artaud et la Ferté-sous-Jouarre, et de se porter sur lagauche et les derrières de l’armée Kluck ;
A la 5 e armée, tout en couvrant par sa gauche le flancdroit des Anglais conjointement avec le corps de cavalerieConneau', et en continuant d’appuyer par sa droite lagauche de Foch, qui se préparait à prendre l’offensive,de marcher avec le gros de ses forces face au nord, enrefoulant l’ennemi au delà de la Marne.
Le premier paragraphe de cette Instruction dépeignaitla situation d’une manière que l’on peut aujourd’hui re-connaître comme exacte avec une seule différence : lesIII e et IX e corps allemands venaient d’être identifiés dansles combats de la journée, et l’Instruction particulièreles place encore en face de la 5 e armée ; en réalité, ilsétaient déjà en marche vers le front de l’Ourcq (1). Labrèche ouverte entre Kluck et Bülow était donc pluslarge encore que je ne l’imaginais.
(1) Voici, en effet, le radio envoyé par Kluck le 8 septembre à18 h. 30, et qui fut déchiffré quelques jours plus tard par la Sectiondu Chiffre du G. Q. G. :
« L’armée s’est trouvée engagée aujourd’hui dans un combat dif-ficile contre des forces ennemies supérieures à l’ouest de l’Ourcq,sur la ligne Antilly (3 kilomètres est de Betz) -Congis (sud de Lizy).Les III 0 et IX e corps, portés de nuit à l’aile droite, attaquerontdemain matin par un mouvement enveloppant. Sur la Marne, laligne Lizy, Nogent-1’Artaud sera défendue par le II e corps de cava-lerie et une brigade d’infanterie renforcée contre les attaques venantde la direction de Coulommiers. »