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1 (1932)
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LA BATAILLE DE LA MARNE

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La journée du 9 septembre semble bien avoir marquéleffort suprême accompli par lennemi pour se tirer dela situation dans laquelle il se trouvait.

La 6 e armée réussit tout dabord à garder ses positions ;lennemi marqua même dans la région de Betz un légerrecul, et il évacua ce village. Mais, dans laprès-midi,les III e et IX° corps allemands, débouchant par le nord-est et par le nord, firent céder la gauche française et laforcèrent à se replier sur le front Chèvreville, Silly-le-Long. Maunoury rappela aussitôt la 8 e division, comme jely avais invité, et la dirigea par une marche de nuit versla gauche de son armée. De mon côté, je métais préoccupédans la matinée de prélever sur la 5 e armée une divisiondinfanterie que je prescrivis de diriger durgence parvoie ferrée vers Dammartin-en-Goële . En avisant le généralMaunoury de larrivée de ce renfort, je lui fixai lattitude àobserver : « En attendant larrivée des renforts qui vouspermettront de reprendre loffensive, vous devez éviter touteaction décisive, en repliant votre gauche, sil en était besoin,dans la direction générale du camp retranché de Paris. »Dailleurs, à aucun moment, malgré la violence desattaques dont il était lobjet, le général Maunoury neperdit de vue sa mission, et nabandonna lintention dereprendre loffensive, comme en témoigne le télégrammequil madressa après que sa gauche eut effectué sonrepli : « ...jaurai la 8° division près de Silly-le-Long, etje donnerai alors lordre dattaquer. Très grosses pertespendant les quatre jours de combat. Le moral reste bon.La cavalerie envoyée au loin. »

Lopiniâtreté des combats livrés par la 6° armée, lesefforts imposés aux troupes, la ténacité et le sang-froidde son chef obtinrent cet immense résultat de rendrerelativement facile la victorieuse progression de Frencliet de Franchet dEsperey . Jen exprimai personnellementma satisfaction au général Maunoury et à son armée.La grandcroix de la Légion dhonneur vint marquer aucommandant de la 6° armée à quel prix jestimais leservice quil venait de rendre au pays.