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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Dans le compte-rendu dont je viens de citer quelqueslignes, Maunoury faisait allusion à une tâche nouvelleconfiée au corps de cavalerie.

Cette masse de trois divisions était admirablement pla-cée à notre extrême gauche, et aurait nous rendreles plus grands services. Malheureusement, alors que laguerre était à peine commencée depuis un mois, le corpsde cavalerie Sordet était tombé à un état dépuisementinquiétant. Le raid à peu près inutile quil avait exécutéen Belgique , puis la retraite jusque dans le sud-ouestde Paris lui avaient déjà imposé dénormes fatigues. Maisles événements nétaient pas seuls responsables de cetteruine ; le commandement à tous les échelons y était pourune grande part. Cest ainsi que le 7 septembre, le généralSordet, après avoir engagé son corps de cavalerie dans larégion de Betz, décida, à la nuit, sous prétexte que larégion dans laquelle il opérait manquait deau, de ramenerses divisions à Nanteuil-le-Haudouin , elles narrivèrentquà minuit. En apprenant ce recul, le général Maunouryordonna à Sordet de se reporter en avant, et la cavalerie,après un repos dà peine une heure, dut refaire en sensinverse le chemin déjà inutile quelle venait de parcourir.Sur la proposition du commandant de la 6° armée, jeme décidai à relever le général Sordet de son commande-ment et à le remplacer par le général Bridoux, commandantla 5 e division de cavalerie. Javais une grande estime pourSordet, et il mavait paru, avant la guerre, justifier toutema confiance. Sans doute, était-il victime de ce que sonarme navait pas suffisamment évolué dans les annéesqui précédèrent la guerre. Quant au général Bridoux, ilétait plein dallant, et il aurait fait rendre à son corpsde cavalerie les plus grands services, sil navait été mal-heureusement tué, presque au lendemain de sa prise decommandement : en effectuant de nuit un déplacementen automobile, une erreur ditinéraire le fit tomber avecson état-major dans un poste ennemi; il fut blessé mor-tellement et plusieurs de ses officiers tués ou blessés aveclui. Ce fut un malheur.