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Le général Maunoury tenta, comme je le lui avais pres-crit dès le 8, de découpler le corps de cavalerie, à la foispour menacer le flanc droit et les derrières de Kluck, etpour retarder l’entrée en action des forces ennemies libé-rées par la chute de Maubeuge . Malheureusement, l’étatde notre cavalerie ne lui permit pas de réaliser cette mis-sion. Tout au plus, la division du général de Cornulier-Lucinière parvint-elle à jeter quelque trouble dans lesarrières de Kluck et manqua de peu, paraît-il, de capturerle commandant de la I re armée allemande et son état-major.
Pendant cette même journée du 9, l’armée britannique,après avoir été arrêtée aux environs de la Ferté-sous-Jouarre par la rupture du pont, réussit à prendre pieddans la soirée au nord de la Marne entre cette localitéet Château-Thierry que tenait la 5 6 armée ; cette avancemenaçait en arrière la gauche de l’armée Kluck qui s’achar-nait contre Maunoury :
Franchet d’Esperey, de son côté, avait continué deprogresser par sa gauche. Son 18 e corps était orienté surViffort, à moitié chemin entre le Petit-Morin et Château-Thierry. Je l’activai vers la Marne par un ordre télé-phoné à 14 heures • v II est essentiel que le 18 e corps fran-chisse la Marne ce soir même aux ervirons de Château-Thierry, de manière à appuyer effectivement les colonnesanglaises... » Le 9 au soir, ce corps d’armée parvenait,en effet, à installer ses avant-postes au nord de la rivière.A sa gauche, le corps de cavalerie Conneau avait, lui aussi,une brigade sur la rive droite. Le reste de la 5 e arméestationnait en fin de journée au sud du Surmelin entreCondé-en-Brie et Baye. Le corps de droite (10 e ), mis parFranchet d’Esperey à la disposition de Foch, soulageaitla 9 e armée fortement pressée sur tout son front. Dansson compte-rendu de fin de journée, le commandant dela 5° armée se déclarait prêt à entamer une action dansle flanc des Allemands qui attaquaient la 9 e .
Dans l’ensemble, si la manœuvre prescrite pour le 9aux trois armées de gauche par mon Instruction n° 19