418 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFPRE
Sur le front de la 9 e armée, le succès se dessinait éga-lement : l’offensive générale que Foch avait esquisséela veille se développait maintenant, et tout montrait que,là aussi, l’ennemi avait opéré dans la nuit une retraiteprécipitée. Le soir du 10, Foch installait son quartier gé-néral à Fère-Champenoise, que la Garde prussienne tenaitencore le matin.
Devant les 4 e et 3 e armées, la situation demeurait en-core stationnaire. Au lieu, comme je l’avais espéré, quela gauche du général de Langle pût travailler au profitde la 9 e armée, c’était cette dernière qui se trouvait ensituation de s’employer pour sa voisine de droite. DevantSarrail, l’activité de l’ennemi mollissait encore, et le 15 e corpsachevant de déblayer la forêt de Trois-Fontaines se main-tenait à hauteur du corps de droite de la 4 e armée.
Il s’agissait maintenant de développer le succès denotre gauche et de notre centre, et de dominer la résis-tance qui arrêtait encore les deux armées de notre droite.
En conséquence, j’envoyai ce jour-là une série d’ordresqui devaient donner une nouvelle impulsion à la bataille :
A Maunoury et à French, je demandai de pousser depart et d’autre de l’Ourcq, droit au nord, tandis qu’àl’extrême gauche, le corps de cavalerie Bridoux cherche-rait à inquiéter constamment les lignes de retraite del’ennemi, et qu’à leur droite la 5 e armée se mettrait ensituation « d’agir face à Vest dans la direction de Reims ,contre les colonnes qui reculaient devant la 9 6 armée (1) » ;
Au général Foch, je signalai l’intérêt que présentaitpour l’issue de la bataille l’action de son armée sur lescorps opposés à la 4 e armée (2) ;
Au général de Langle, je prescrivis de pousser par sagauche et d’attaquer vigoureusement (3) ;
Enfin au général Sarrail je demandai seulement detenir et de durer encore (4).
(1) Instruction particulière n° 21 du 10 septembre soir.
(2) Ordre particulier du 10 septembre matin.
(3) Ordre particulier du 10 septembre 10 heures.
(4) Ordre particulier du 10 septembre 10 h. 10.