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1 (1932)
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LA BATAILLE DE LA MARNE

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I re et II e armées allemandes, lautre entre les II 0 et IV e ,la III e armée sétant elle-même brisée en deux tronçonsqui sétaient accolés respectivement à la gauche de Bülowet à la droite du prince de Wurtemberg. De cette situationimprévue, nous avions tiré parti ; et ce fait confirme ce queje disais plus haut, combien est dangereuse la doctrinequi consiste à abandonner aux exécutants la conduitestratégique de la bataille.

Dautre part, si on compare la bataille de la Marne àcelle des frontières, on voit quelles sont étroitementapparentées. Si, sur lOurcq, Maunoury avait fléchi commele firent nos armées de gauche le 22 août, si Foch avaitcédé à Fère-Champenoise comme cédèrent, dAudun-le-Roman à Paliseul, nos 3 e et 4 e armées, mon plan se fûtécroulé une seconde fois. Si le succès répondit à monattente sur la Marne, cest pour une très grande part quenos armées nétaient plus au début de septembre cellesdes premiers jours de la guerre. Instruite par la dure expé-rience des batailles livrées à la frontière, linfanterie, bienquayant perdu beaucoup de ses cadres, utilisait mieux leterrain, se servait plus volontiers de ses outils dont ellecomprenait maintenant la valeur, et ne sengageait plussans lappui de lartillerie. Il est vrai aussi que beaucoupde chefs dont la guerre avait brusquement révélé linsuffi-sance avaient cédé la place à dautres plus capables :de la mobilisation au 6 septembre, javais relever deuxcommandants darmée (1), neuf commandants de corpsdarmée (2), trente-trois généraux commandants de divi-sions dinfanterie (3), un commandant de corps de cava-lerie et cinq généraux commandants de divisions de cava-lerie (4). Si je navais pas été jusquaux mesures radicales

(1) Les commandants des 3® et 5° armées.

(2) Sur vingt et un corps darmée.

(3) Vingt-trois généraux commandants de divisions actives surquarante-sept (y compris les deux divisions coloniales) et dix géné-raux commandants de divisions de réserve sur vingt-cinq.

(4) Cinq généraux commandants de divisions de cavalerie surdix.