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1 (1932)
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422 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

que préconisait M. Messimy, consistant à faire fusillerles incapables, on peut dire que ces changements dans lecommandement lavaient déjà épuré et rajeuni.

Quant aux Anglais , ils avaient parallèlement à nousprofité de la dure leçon de ce début de guerre. DepuisWaterloo, ils ne sétaient battus en Europe que pendantla guerre de Crimée . Le saut était brusque. Sils ne mar-chèrent pas aussi vite durant la bataille de la Marne queje laurais souhaité, et quils auraient sans doute pu lefaire en raison des faibles forces que les Allemands avaientlaissées devant eux, ils tinrent une place digne de leurs tra-ditions militaires dans cette bataille et y jouèrent le rôleque jattendais deux. Ce loyal soldat quétait le maréchalFrench manifestait maintenant une pleine confiance depuisque sétait affirmé le succès de notre manœuvre de laMarne. Malheureusement, il était partagé entre deuxinfluences : lune représentée par le général Wilson, unhomme dune intelligence très vive, comprenant admira-blement toutes les situations, ayant par surcroît lhabitudede nos méthodes et connaissant très bien la France pourlaquelle il avait de profondes sympathies, lautre par legénéral Murray, chef détat-major des forces expédition-naires, qui passait son temps à donner des conseils deprudence au maréchal. Ce nous fut un grand soulagementquand, quelques mois plus tard, le général Murray futrappelé en Angleterre .

LA POURSUITE APRÈS LA MARNE

Le 11 septembre au soir, lennemi cédait sur tout le fronten nous abandonnant des blessés, du matériel et des appro-visionnements. Devant la 6 e armée et larmée britannique,il se dérobait vers le nord, cherchant manifestement àplacer lAisne entre lui et ses adversaires victorieux ; leVII e corps allemand, qui formait pendant la bataille lailedroite de larmée Bülow, était signalé sur la Yesle entreFismes et Braine, faisant face à la 5 e armée ; devant les