LA POURSUITE APRÈS LA MARNE 423
9 e et 4 e armées, l’ennemi se repliait au nord de la Marne et de la Saulx.
Berthelot, revenu à son optimisme qui l’avait aban-donné un instant à la fin du mois d’août, voyait déjà lesarmées allemandes en déconfiture. A son avis, il ne s’agis-sait pour exploiter la victoire que de pousser brutalementen avant sur toute la ligne. Je ne partageais pas cette opi-nion. Nous venions de remporter une incontestable vic-toire sur le commandement suprême allemand qui avaitcommis des fautes essentielles. Mais les armées ennemiesn’étaient pas en déroute, et il fallait nous attendre à lesretrouver reconstituées quelque part au delà de la Marne,derrière l’Aisne, ou peut-être derrière la Meuse. Il s’agis-sait donc de monter sans retard une manœuvre pourempêcher les Allemands de se rétablir. En prélevant,comme je l’ai dit plus haut, de nouvelles forces sur nosarmées de droite, je résolus de renforcer la 6 e armée pourla mettre en mesure de déborder l’aile droite allemande ;en outre, la 5 e armée était bien placée pour exploiter lafissure qui s’était produite dans le centre adverse, enmanœuvrant selon les circonstances, soit avec le groupe-ment French-Maunoury, soit avec le couple de forcesFoch-de Langle.
Je fis connaître mes intentions aux armées de gauchepar une Instruction particulière que je leur adressai le11 septembre. Le lendemain, j’insistai auprès du généralMaunoury, en lui rappelant que sa zone de marche n’étaitpas limitée à l’ouest, et que, pour le cas où l’ennemi feraittête sur l’Aisne , il était nécessaire que nous ayons immé-diatement des forces qui remonteraient la rive droite del’Oise ; j’ajoutai que le 13 e corps mis, comme on l’a vu,depuis peu à la disposition de la 6 e armée paraissait toutindiqué pour jouer ce rôle essentiel. Le même jour, 12 sep-tembre, j’accentuai encore mes ordres à la 6 e armée. J’in-vitai le général Maunoury à élargir son mouvement débor-dant vers l’ouest, à ne laisser qu’un fort détachement enliaison avec l’armée anglaise, et à porter progressivementle gros de ses forces sur la rive droite de l’Oise .