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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

A lautre aile de ma ligne, il importait de donner uneimpulsion énergique pour la faire sortir de sa léthargie.Jorientai le général Sarrail, le 12 septembre, sur la ma-nœuvre que jattendais de lui : « ...Il est à présumer queles forces ennemies qui sont en face de la 3 e armée netarderont pas à se replier elles-mêmes sous la pression de la4 e armée. En présence de cette éventualité, vous devezdisposer vos forces de façon à pouvoir entamer une pour-suite énergique vers le nord par les terrains libres entreArgonne et Meuse, en vous appuyant aux Hauts-de-Meuse et à la place de Verdun. »

Je suis obligé de dire que lexécution ne répondit pas àmes intentions.

A gauche, le général Maunoury ne comprit pas ma pensée.Il avait rencontré sur les plateaux au nord de lAisne unerésistance qui absorba immédiatement son attention etses forces ; il ne sut donner à son aile gauche ni une ampleurni des moyens suffisants, et il ne tarda pas à tomber dansun stérile combat de front.

Franchet dEsperey, de son côté, nexploita pas la situa-tion favorable dans laquelle il se trouvait. La manœuvreà exécuter reposait sur une marche rapide au delà de laVesle, qui eût largement dégagé Reims et contraint lesAllemands à lâcher le Chemin des Dames ils opposaientune résistance énergique aux Anglais. La 5 e armée étaitfatiguée, certes, comme toutes les autres, et comme sonttoujours les armées au lendemain dune victoire chèrementdisputée. Sans méconnaître la difficulté à laquelle il seheurtait, je dois dire que Franchet dEsperey perdit dutemps. Le trou qui existait devant lui dans la ligne ennemieet qui avait permis à des éléments de notre cavalerie depousser jusquà Sissonne , se ferma et le front adverse sestabilisa aux abords immédiats de Reims dont la lentedestruction commença.

Enfin, à notre droite, Sarrail ne comprit pas, lui nonplus, le rôle décisif que son armée pouvait jouer dans cescirconstances. Plus occupé de questions de personnes quedes opérations de son armée, il ne fit pas sentir son impul-