LA POURSUITE APRÈS LA MARNE 425
sion avec énergie. Et le 13 septembre dans l’après-midi, jedus lui prescrire de faire une enquête pour déterminercomment l’ennemi avait pu se décrocher depuis qua-rante-huit heures devant son armée, sans qu’il en eût étéinformé.
Une grave question commençait à se poser : celle desmunitions d’artillerie. On sait que nous étions partis encampagne avec un approvisionnement total d’environ1 400 coups par pièce de 75. Les consommations de muni-tions qui ne s’étaient élevées pendant le premier mois dela guerre qu’à 200 coups par pièce environ, avaient aug-menté dans des proportions très considérables pendant labataille de la Marne , où certaines artilleries divisionnairesavaient tiré 300 coups par pièce et par jour. Dès le 14 sep-tembre, je fus amené à prendre des mesures pour réagircontre la tendance fâcheuse qui se répandait d’employerconstamment l’obus explosif en négligeant l’obus à balle,tendance qui menaçait d’épuiser rapidement nos stocks.Je reviendrai plus loin sur cette crise de munitions, quicommença d’ailleurs à sévir au même moment chez nosadversaires. Pour l’instant, ce que je veux dire ici, c’estque la stabilisation des Allemands n’a pa3 été due à notrepénurie de munitions, qui ne s’est réellement fait sentirqu’après que l’ennemi se fut incrusté dans des positionsfortifiées ; la cause essentielle de cette stabilisation a étéle manque d’habileté manceuvrière et la lenteur dontfirent preuve pendant cette courte période d’exploitationde la victoire les deux armées d’aile et la 5° armée.
Si la victoire de la Marne ne donna point tout ce que j’enattendais, il me paraît légitime d’en marquer cependanten peu de mots les résultats essentiels.
Le mois d’août 1914 avait donné aux Allemands la pre-mière manche de la partie : les Belges rejetés sur Anvers ,les Franco-Britanniques vers la Seine , notre aile gauchemenacée d’être encerclée et Paris d’être enlevé ; sans doute,à ce moment, les Allemands entrevirent-ils un Sedan