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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
télégraphier au général Dubail, commandant la l re armée,de disposer le 16 e corps qu’il avait en réserve à sagauche, « en vue d’attaquer dans le flanc les troupesennemies qui se porteraient à l’attaque des Hauts-de-Meuseou de la trouée de Commercy » . Je fis en même temps aviserle général Sarrail, commandant la 3° armée, de ces dispo-sitions, et lui prescrivis de prendre ses mesures pour re-pousser de front l’attaque ennemie si elle se produisait.
Ce même jour, la 75 e division qui tenait les Hauts-de-Meuse dans la région d’Hattonchatel, fut violemment ca-nonnée. Le lendemain, elle fut vivement attaquée. Aprèsune résistance insuffisante, elle céda et l’ennemi prit piedà Hattonchatel et à Creue.
Le 22, une autre attaque allemande vigoureusementpoussée par deux corps d’armée se déclancha à l’ouest deVerdun, en Argonne et à la lisière est de ce massif, dansla région de Varennes. Cette nouvelle offensive se pro-duisait à la soudure d’ailleurs mal établie entre les 3 e et4 e armées, et en un point où notre ligne de défense étaitencore mal assise. Tandis que les Allemands attaquaienten Argonne, leur progression continuait vers Saint-Mihiel .En présence de cette situation, je remis à la disposition dugénéral Sarrail, le 8 e corps que j’avais antérieurement pré-levé sur la droite de son armée, et que j’avais fait portervers Sainte-Meneliould où il devait constituer une réservepour s’opposer à tout mouvement ennemi par l’ouest oupar l’est dé l’Argonne . Ce corps d’armée aussitôt trans-porté, partie par voie ferrée, partie par voie de terre, dela région de Sainte-Menehould vers celle de Saint-Mihiel ,fut disponible à partir du 24 pour renforcer la droite de la3 e armée qui paraissait plus fortement menacée.
Le 24, en effet, la progression de l’ennemi au sud deVarennes était enrayée, tandis que sur la rive droite dela Meuse , les Allemands arrivaient jusqu’aux abords deSaint-Mihiel . Aussi, dans la soirée, je prescrivis au com-mandant de la l re armée de consacrer à son offensive enWoëvre le plus de forces possible afin de dégager la 3 e armée.
Le 25, quelques éléments du III e corps bavarois, qui