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1 (1932)
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LA CAMPAGNE DAUTOMNE

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mandant de la 2 e armée. Mesurant justement la gravitédes conséquences quune pareille décision allait entraîner,il revint dans la nuit même au grand quartier général etme rendit compte, le 3 octobre à 6 heures et demie, de lamission quil venait de remplir. Il ajouta quau momentde monter en auto vers une heure du matin, le comman-dant Jacquand, chef du 3 e Bureau de la 2° armée, lui avaitassuré, quà son avis, la situation nétait pas aussi gravequon venait de le lui dire, et que le repli derrière laSomme devait et pouvait être évité.

Je nai pas besoin de dire que les nouvelles rapportéespar le commandant Fétizon me causèrent un vif mécon-tentement. La décision envisagée par le général de Cas-telnau, cétait la perte des riches régions du Nord, de notrebassin houiller en particulier, la perte de nos côtes jusquàlembouchure de la Somme, et, à brève échéance, la chutetotale de larmée belge. Sans hésiter, je résolus de merendre à Breteuil, jarrivai vers 12 h. 30. Je montraiaussitôt à Castelnau et à son chef détat-major que lasituation nétait pas aussi sombre quils la voyaient, et jeleur fis comprendre la nécessité absolue de tenir coûte quecoûte sans envisager le moindre repli qui pût compro-mettre le succès de la manœuvre que je poursuivais inlas-sablement depuis trois semaines. Castelnau se plaignaitaussi de défaillances chez certains généraux, mais il lesexcusait en raison de la gravité des circonstances dans les-quelles ils étaient placés. Je répondis que lheure nétaitpas à la pitié, que lintérêt général primait toute autreconsidération, et quil fallait impitoyablement retirer leurcommandement à ceux qui nétaient pas capables delexercer. Et je terminai en affirmant une fois de plusma volonté de ne pas admettre quon parlât de se retirer.Puis je rentrai à toute allure au grand quartier général jarrivai vers 19 heures, et dautres soucis matten-daient.

Ces premiers jours doctobre mont laissé de mauvaissouvenirs. La manœuvre que je poursuivais rencontraitdes difficultés que je ne pouvais me dissimuler : lennemi,