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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

comme je lai dit, manœuvrait par la corde de larc surlequel nous opérions. Malgré le dévouement du service deschemins de fer, nous ne parvenions pas à déborder avecassez dampleur la droite allemande qui sélevait vers lenord parallèlement à mon extrême gauche. Lattaque surSaint-Mihiel était à peine enrayée, et jétais en droit deme demander si, sur cet immense front encore fragile, unenouvelle offensive ne viendrait pas en compromettre lasolidité en quelque point sensible.

Le sort de larmée belge à Anvers me causait de gravesinquiétudes.

Enfin, le maréchal French venait de me demander àquitter le front de lAisne pour reprendre la gauche desarmées françaises. Cétait un nouveau problème quisajoutait aux autres. Je reviendrai tout à lheure sur lesopérations des armées belges et britanniques.

Pour linstant, et sans me laisser arrêter par des diffi-cultés croissantes, il importait de donner aux opérationsde mon aile gauche une nouvelle impulsion.

Si le débit de nos voies ferrées, et lobligation de neprélever des forces sur le reste du front quavec ménage-ment, limitaient larrivée des troupes dans le Nord, ilmétait possible dexercer une action immédiate sur lecommandement local que je venais de voir chanceler.

Cest alors que je fis appel au général Foch.

Déjà à la fin de septembre, javais pensé à le prendreauprès de moi comme adjoint. Javais, à cet effet, adresséle 24 septembre au ministre de la Guerre le télégramme sui-vant :

« Le général Galliéni se trouve actuellement désignécomme mon successeur éventuel. Mais parmi les comman-dants darmée le général Foch a affirmé une supérioritéincontestable au point de vue du caractère et des concep-tions militaires. Je demande quune lettre de service luisoit délivrée, le désignant comme mon remplaçant éven-tuel. Dans le cas le gouvernement accepterait cetteproposition, je prendrai le général Foch auprès de moi