LA CAMPAGNE D’AUTOMNE
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de cet officier général, le général de Castelnau prescriraau général de Maud’huy de tenir encore demain. »
Le 5, la situation parut stationnaire.
Mais le 6, elle s’aggrava de nouveau. Nos troupes enga-gées entre l’Oise et les plateaux à l’est d’Arras maintinrentdans l’ensemble leurs positions, mais avec difficulté ; dansla région de Roye, elles perdirent toute une série de vil-lages ; plus au nord, certains points d’appui furent éva-cués sous prétexte qu’ils étaient trop avancés, ou que lespositions en arrière paraissaient plus avantageuses.
A 17 heures, le général Anthoine téléphona :
« 4 e corps cède de plus en plus, et nous en sommespréoccupés. Tout est dépensé. La 2 e armée fait appel augrand quartier général : elle a l’impression que la ligneva crever quelque part.
« 53 e division n’arrive en partie que ce soir, mais seshommes sont en piteux état, s’étant enivrés à Compiègne.
« Général Foch n’a pu être encore touché par la pré-sente communication. Télégramme chiffré est envoyé augrand quartier général. »
Ce message ne m’inquiéta pas outre mesure. Je com-mençais à être fixé sur l’état d’esprit du commandementde cette armée. De plus, les renseignements envoyés parl’armée de Maud’huy montraient qu’au sud et à l’estd’Arras , l’ennemi ne parvenait pas à entamer nos posi-tions ; plus au nord, les deux divisions du 21 e corps étaientrespectivement à Neuville-Saint-Waast et à Lens, reliéespar cinq divisions de cavalerie, et avaient légèrementprogressé.
Aussi, je fis répondre à 18 h. 20 par télégramme chiffréà la communication du général Anthoine :
« Situation s’améliore de plus en plus au nord ; devezabsolument tenir coûte que coûte. Fortifiez-vous le pluspossible sur tout votre front. Agissez avec toute l’énergiepossible. Nous étudions moyens amener renforts. »
Et à Foch, à 18 h. 40, le message suivant :
« Je reçois de la 2 e armée le message ci-après... : (voirci-dessus). Il me paraît absolument nécessaire que vous
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T. I.