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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Le 5 octobre, le général Pau partit en mission auprèsdu gouvernement belge muni de mes instructions danslesquelles je disais :

Il est qualifié pour donner au commandement supérieur desarmées belges toutes les indications de nature à assurer unecoopération, aussi complète que possible, des armées belges etdes armées françaises.

En particulier, les forces belges sorties dAnvers devrontrecevoir tous les renseignements leur permettant de continuerleurs efforts vers le sud-ouest de la place avec les forces alliées (1).

Malheureusement, ma conception, basée uniquement surles possibilités militaires du moment, nétait partagée nipar les Belges, ni par les Anglais .

Les premiers éprouvaient une grande répugnance àséloigner dAnvers dont le général Brialmont avait faitle noyau de la défense de la Belgique . Lhistoire lanôtre, en particulier, montre cependant par quellescatastrophes se soldent les opérations dune armée rivéeà une place forte.

Pour les Anglais , cest un dogme traditionnel de nepoint admettre quAnvers puisse être aux mains dunegrande puissance continentale. Il est néanmoins surpre-nant que le gouvernement, le War Office et lamirautéaient admis avec une unanimité aussi obstinée quon pou-vait, dans la situation nous nous trouvions, sauver laplace et larmée belge , en envoyant directement à leursecours les faibles moyens dont lempire britannique etnous-mêmes disposions à ce moment.

Dés le 7 septembre, M. Winston Churchill , premierlord de lamirauté, avait adressé à son premier ministre,à sir E. Grey et à lord Kitchener, un mémorandum danslequel il insistait sur limportance dAnvers , particuliè-rement au point de vue naval :

LAmirauté considère la défense prolongée et effective dAn-vers comme une chose très importante. Anvers protège la vie

(1) Ordre de mission du 5 octobre 1914.