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même de la nation belge , sauvegarde un point stratégique qui,s’il était pris par les Allemands, serait pour nous extrêmementmenaçant (1).
Le 2 octobre, lord Kitchener télégraphiait à sir JohnFrench :
La tentative des Allemands pour faire le siège d’Anvers acréé une situation très sérieuse. Anvers court le grave dangerde tomber avant peu... Nous informons le gouvernement fran-çais que si Jofîre ne peut pas déclancher une action décisive enFrance d’ici trois ou quatre jours, nous ne pouvons espérerqu’Anvers tiendra, à moins qu’il ne puisse y envoyer des troupesrégulières pour coopérer avec toutes celles que nous pourronsy dépêcher, c’est-à-dire la 7 e division et une division de cava-lerie. Si vous quittez vos lignes actuelles, serait-il possible desuggérer à Joffre que, s’il peut envoyer des troupes, vousrejoindriez la 7 e division et toutes les autres troupes que nouspourrons expédier d’ici avec la portion de vos effectifs actuelle-ment sous vos ordres en France qui serait, jugée nécessaire poursecourir Anvers? Pendant ce temps, le reste continuerait sonmouvement vers ses nouvelles positions.
Il n’est sans doute pas téméraire d’admettre que cetélégramme contribua à augmenter le désir manifesté parsir John French de me voir libérer, comme je l’ai racontéplus haut, son armée de la position de l’Aisne.
Le même jour, sir E. Grey exposait la même thèse, entermes presque identiques, dans un télégramme adresséà l’ambassadeur d’Angleterre à Bordeaux :
A moins que la situation principale en France ne puisse êtreréglée sous peu dans un sens favorable, et qu’elle ne nous per-mette de venir au secours d’Anvers en détachant une forceconvenable, il est extrêmement désirable que le général Joffrefasse un effort et envoie des troupes régulières dans la région deDunkerque, d’où elles pourraient coopérer avec nos renfortspour protéger Anvers.
Nous pouvons expédier quelques troupes de première ligne,
(1) Voir The World Crisis. Éditions Payot, t. I er , p. 303.