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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

mais elles ne sont pas suffisantes par elles-mêmes pour fairelever le siège dAnvers , et nous ne pouvons les envoyer que sielles coopèrent avec des forces régulières françaises.

Si le général Joffre peut exécuter en France , dici deux outrois jours, une action favorable et décisive, il pourrait enrésulter la délivrance dAnvers . Sinon, à moins quil nenvoieactuellement quelques troupes régulières, il faut envisager laperte dAnvers .

Envoyer des forces importantes au secours dAnvers ,comme ceût été nécessaire pour obtenir des résultatsdécisifs, cela nétait pas en mon pouvoir, en raison dunombre des forces ennemies que nous avions sur les bras,et de la difficile manoeuvre que jaccomplissais dans cemoment. Quant à expédier vers nos alliés « quelquestroupes régulières » comme le War Office et le ministredes Affaires étrangères anglais me le faisaient suggérer,cela me paraissait non seulement inutile, mais dangereux,car ceût été pour les Belges une tentation pour prolongerune situation que je mefforçais de modifier.

Un point est dailleurs à noter :

Le colonel Dallas, que le maréchal Kitchener avait en-voyé à Anvers le 29 septembre, annonçait que larméeallemande de siège comprenait le III e corps de réserve,une division dinfanterie de marine, une division dersatz,une brigade de landsturm, deux régiments du génie, unrégiment dartillerie de siège, soit environ 90 000 hommes,auxquels sajoutaient pour le gouvernemnt militaire deBelgique une brigade de landwehr et quelques élémentsde landsturm. En face, larmée belge de campagne comp-tait 80 000 hommes auxquels sajoutaient 70 000 hommesqui constituaient la garnison des forts. Si on tient ceschiffres pour exacts, on est amené à constater une foisde plus quune armée qui sest enfermée dans le périmètredune place fortifiée ne joue plus un rôle adéquat à seseffectifs.

Quoi quil en soit, les Anglais avaient dirigé sur Anvers 8 000 « Marines ». Puis, pour juger sur place la situation,ils envoyèrent le premier lord de lAmirauté. M. Winston