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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
carrefour battu par les balles, d’où il dirigeait avec uncalme admirable le combat de sa division. Cet homme fut,ce jour-là, le centre de cristallisation de la résistance.
Le soir tomba sans que l’ennemi ait réalisé des progrèssensibles. Les Belges étaient radieux. La catastrophe étaitconjurée.
Le 27, l’ordre était donné d’inonder la région compriseentre l’Yser et la voie ferrée. Le 26, l’inondation se dévelop-pait, et le 29, les Allemands se voyaient forcés de retirerune partie des troupes qui commençaient à progresserau delà de la voie ferrée. Ainsi soulagées, les troupes fran-çaises purent reprendre l’offensive et, le 30 octobre, Rams-capelle perdu par un détachement belge était brillammentrepris par des éléments de la 42 e division, qui firent denombreux prisonniers.
Le 1 er et le 2 novembre, les Allemands étaient forcés dese replier sur la rive droite de la rivière, abandonnant denombreux blessés et un important matériel embourbésdans les terres envahies par l’inondation.
Les jours suivants, l’attaque allemande diminua peuà peu de violence, puis, après quelques soubresauts,s’arrêta.
Les Allemands, dans cette offensive le long de la côte,avaient entièrement échoué : ils n’avaient réussi ni àatteindre Calais, ni à mettre hors de cause les Belges quirestaient accrochés à leur sol.
Pendant ce temps, la bataille d’Ypres faisait rage.
Le 16 octobre et les jours suivants l’offensive des forcesalliées progressa d’abord, quoique assez lentement.
Mais bientôt l’entrée en ligne de troupes allemandesfraîches représentées par des corps de nouvelle formationenraya notre avance, et je dus aussitôt me préoccuperd’envoyer au général Foch des renforts, pour lui per-mettre de soutenir ce nouveau choc.
Le 20 octobre, je mis à sa disposition la 9 e division decavalerie et la 31 e division du 16 e corps, que j’avais placéesen réserve générale à Compiègne . Presque aussitôt après,je fis partir pour le Nord la brigade de tirailleurs sénéga-