OFFENSIVE GÉNÉRALE
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cavalerie parfaitement recrutées et encadrées, mais dontle rendement dans le combat à pied était faible, en raisonsurtout de leur armement (1), et des divisions territorialesparfois assez médiocrement encadrées.
D’autre part, à partir de la mi-octobre, les Allemandsprononcèrent successivement deux fortes attaques dansla région du Nord.
La première était dirigée par le prince de Wurtemberg,qui commandait auparavant la IV e armée en Champagne. Elle visait à forcer l’Yser et à mettre les Belges hors decause.
La seconde, plus puissante, fut menée par le kronprinzde Bavière, qui avait jusque-là commandé la VI e armée enLorraine.
Ce fut, en somme, une immense bataille de rencontre, quise déroula avec des alternatives diverses, dans une régionplate, basse, boueuse, sous une pluie continuelle, et quiexigea des troupes engagées une extraordinaire énergieet une inlassable constance.
La bataille de l’Yser atteignit son point culminant le26 octobre.
Les jours précédents, l’armée belge avait eu des fléchisse-ments qui s’étaient accentués le 25 ; l’ennemi avait com-mencé de franchir l’Yser en plusieurs points. Heureusement,la 42 e division s’était maintenue à Lombaertzyde.
Mais le 26, nos alliés perdirent un moment la ligne duchemin de fer sur laquelle ils s’étaient retirés. La 42 e divi-sion renforcée par deux régiments de cavalerie, et lesfusiliers marins appuyés par deux bataillons sénégalais, secramponnaient à leurs positions.
De son côté, Grossetti faisait savoir qu’il tenait soli-dement ses positions, et qu’il serait le soir sur la voieferrée, quoi qu’il arrive. Il tint parole. L’histoire a déjàimmortalisé Grossetti assis sur une chaise, au milieu d’un
(1) Il faut se rappeler en particulier que la cavalerie n’avaitpoint de baïonnette. Certains régiments de dragons emportaientleurs lances dans les tranchées.