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ment une tâche prodigieuse. Il est juste de redire ici unefois de plus la gratitude que la France doit à ses compa-gnies de chemin de fer dans les nombreuses crises qu’ellea traversées au cours de cette guerre.
Le soir même, je remontai dans mon train. Le 22 aumatin, je retrouvai mes autos à Creil et je rentrai à Romilly .
Le 12 octobre, une offensive générale avait été prévuepour le lendemain.
La 10° armée française devait marcher par sa gauchesur Lille .
L’armée anglaise, par sa droite, passerait au nord deLille et marcherait sur Tournai , tandis que sa gauchesuivrait l’axe Bailleul-Courtrai, appuyée par le corpsRawlinson .
L’armée belge, appuyée à sa droite par la brigade defusiliers marins français, devait faire face aux forces alle-mandes qui arrivaient d’Anvers par Gand .
L’entrée en ligne de troupes allemandes fraîches (corpsde nouvelle formation et corps de siège d’Anvers ) nepermettait pas d’espérer que cette offensive puisse obtenirdes résultats décisifs. Mais, exécutée avec vigueur, elle eûtpermis d’infliger à la droite ennemie un échec sérieux, deréoccuper Lille , et de préserver de l’occupation allemandeune étendue plus grande des territoires français et belges .
Il n’en fut malheureusement pas ainsi. J’en ai déjà in-diqué les causes :
Le 3° corps anglais , qui avait atteint le 12 octobre le frontEecke-Pradelles (nord-est d’Hazebrouck ), ne fut engagéque le 20, après l’achèvement des transports du 1 er corpset de la division de Lahore. Pendant ces huit jours, le2 e corps resta seul engagé dans la région de la Bassée.
L’état dans lequel l’armée belge nous avait rejoints nelui permettait pas de faire les efforts que la situationtendue dans laquelle nous étions, eût exigés.
Enfin, du côté français, les troupes engagées dans leNord étaient de nature fort diverse. A côté de corps actifsexcellents et d’unités d’élite, il y avait des divisions de