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1 (1932)
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larmée belge

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Fûmes vers 16 heures. Je fus aussitôt reçu par le roi àlHôtel de Ville. La calme physionomie du souverainreflétait une indicible tristesse. Je lui exprimai ma satis-faction de voir son armée sortie du dangereux isolementdans lequel les événements lavaient placée pendant lespremiers mois de la guerre, et je lui affirmai ma convictionque la victoire viendrait couronner nos efforts et récompen-serait les immenses sacrifices supportés pour la causecommune par la Belgique .

En sortant de lHôtel de Ville, à lissue de ma visite, seproduisit un émouvant incident qui mérite dêtre rap-porté ici :

La veille, la glorieuse 42 e division, commandée par cetadmirable soldat quétait le général Grossetti, était arrivéeà Dunkerque et avait poussé à Fûmes le 16 e bataillon dechasseurs. Larrivée de cette belle troupe, alerte et disci-plinée, dans la ville, à la nuit tombante, avait produitsur les Belges une impression très réconfortante. Ensortant avec le roi de lHôtel de Ville comme je viens dele dire, le colonel Brécart mapprit que le 16 e batailon dechasseurs était réuni à proximité pour une inspection.Je lui fis aussitôt donner lordre de défiler devant Sa Ma-jesté. Ce fut un magnifique spectacle que le passage decette troupe splendide, aguerrie par trois mois de campagne :il semblait que les chasseurs, devinant mes intentions,tenaient à montrer au roi des Belges la résolution et lardeurdont la France entière était animée. Les Belges, qui nemanifestent dordinaire pas bruyamment leurs sentiments,laissèrent éclater leur enthousiasme, et le roi Albert meparut soudain tout réchauffé par cette scène dont je res-sens encore aujourdhui la poignante émotion.

A 17 heures, je pris congé du roi.

Je dînai le soir à Calais je fus reçu par M. Sartiaux,ingénieur en chef de la Compagnie du Nord. Aux parolesquil madressa à la fin du dîner, je répondis par un hom-mage au magnifique effort que les chemins de fer avaientaccompli depuis le début de la guerre. Le personnel dela Compagnie du Nord, en particulier, réalisait en ce mo-