ENTREVUE AVEC LORD KITCHENER
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militaires, et d’un admirable talent de diplomate. J’ai rap-pelé quelle action bienfaisante, par son tact, par sonentrain, par sa volonté clairvoyante et communicative,il a exercée sur nos alliés et particulièrement sur les Anglais .
C’est sans doute le lieu de dire ici le service que j’eusl’occasion de rendre au maréchal French, service dont je neme targuerais point s’il ne visait à confirmer que des lienssolides d’affection et d’estime s’étaient noués entre lecommandant en chef anglais et moi.
Il y avait — ce n’était un secret pour personne — d’assezfréquents tiraillements entre lord Kitchener et sir JohnFrench. Au début de novembre 1914, Kitchener, commeje l’ai dit plus haut, vint en France . Entre autres questionsqu’il se proposait de régler, il arrivait avec le projet deremplacer à la tête de l’armée britannique le maréchalFrench par le général sir Jan Hamilton. Dès que j’eusvent de cette menace qui pesait sur French, je fis auprèsde Kitchener, au cours de l’entrevue de Dunkerque quej’ai relatée plus haut, une démarche pressante pour l’écarteret j’eus la satisfaction de réussir. Quelques jours plus tard,je reçus de Foch une lettre dont il me paraît intéressantde citer quelques passages.
« Cassel, 9 novembre 1914.
« Mon général,
« J’ai dit, il y a quelques jours, au général Wilson l’objetde la venue de lord Kitchener à Dunkerque , le projet deremplacement du maréchal French par le général JanHamilton; j’ai ajouté que c’est sur votre demande trèscatégorique que le projet a été arrêté. Je tenais le fait d’unesource autorisée.
« Wilson a prévenu le maréchal. Celui-ci a rapproché lanouvelle d’autres indices, et est venu me remercier de toutcoeur de la communication.
« Il compte aller sans tarder vous exprimer sa gratitude.Je vous en préviens, après lui avoir conseillé d’attendre queles événements nous donnent plus de liberté.