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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFHE

javais été obligé de faire dans le commandement, dontbeaucoup avaient été cruels à mon cœur, mais que javaisexécutés sans hésitation. Et je déclarai que mon intentionétait de poursuivre sans faiblir cette épuration de noscadres.

Le lendemain, 2 novembre, nous partîmes, le présidentet moi, pour aller saluer le roi et la reine des Belges. Leroi vint à notre rencontre. Nous arrivâmes à la Panne,la famille royale sétait installée, pour bien marquer savolonté de ne point sortir du sol belge . Après avoir saluéla reine, je lui affirmai solennellement que nous mettrionstôt ou tard les Allemands hors de Belgique . A la façondont Sa Majesté parut écouter les paroles despoir que jelui disais, je sentis combien son âme courageuse avaitbesoin dy croire, et combien elle sen trouvait réconfortéeen ces heures dindicible tristesse quelle traversait.

Nous allâmes ensuite à Fûmes le roi et le présidentpassèrent en revue deux escadrons du 6 e hussards et deuxescadrons belges. Puis à 9 heures et demie, accompagnépar le roi jusquà la frontière, nous repartîmes pour Cassel nous déjeunâmes chez le général Foch. Dans laprès-midi, après avoir rendu visite au général dUrbal, à qui leprésident donna la cravate de la Légion dhonneur, nousnous rendîmes à Amiens. , je pris congé de M. Poincaré,et rentrai à mon quartier général.

Cette bataille des Flandres fut pour larmée et pour moiune dure épreuve. Si nous réussîmes à y barrer à lennemila route de la mer, je dois dire que jen avais espéré mieux.En particulier, jéprouvais un profond regret de voir lefront se stabiliser à louest de Lille dont les immensesressources tombèrent pour quatre ans aux mains de len-nemi. Je ne puis terminer ce passage de mes souvenirssans rendre ici un nouvel hommage à nos soldats quimenèrent cette dure campagne dautomne, et au chef quiles commandait. Le général Foch, dont jai dit les conditionsdifficiles dans lesquelles je lavais envoyé pour me repré-senter dans cette opération, y fit preuve de rares vertus